W., IV
6. Cf. Hildefonaus, De vir. ilL, 4 (Patr. lat., XGVI, p. 200); Greg. Episf., 7, 32, et Patr, gr,, XCI, p. 464-466.
De grands établissements religieux se rencontraient jusque dans l'intérieur du pays; on en trouve, à Sbéilla, à Haïdra, à Tébessa, les ruines considérables encore* ; et quoique la plu-
Fig. 71. — Restitution d'une des étilises de Haïdra. (Dessin et composition de M. Saladln).
part de ces fondations paraissent être du v° siècle, on peut croire qu'elles demeuraient intactes et florissantes au vie,
1. Saladin, I, p. 179-181, 91-92; Diebl, Rapport, p. 331-332, 333-335; Ballu {V Architecture, 21 oct. 1893), p. 461-463.
Le gouvernement impérial d'ailleurs favorisait la création de ces pieuses maisons ; à Carthage, près de la mer, le patrice Solomon construisait, peut-être sous le vocable de saint Sabas, le couvent fortifié du Mandrakion^ En Byzacène, un monastère s'élevait sous le vocable de saint Etienne, dont le culte était, on le sait, fort répandu dans la province d'Afrique, et l'empereur en confirmait solennellement les privilèges*. Vers le même temps, les textes citent le monasterium Gillitanum, qu'une séduisante hypothèse propose de placer à Easrin (Cillium)* ; une autre abbaye était sans doute établieàRuspina, àlaquelle les Arabes ont donnéle nom significatif de Monastir*. Rien n*était épargné au reste pour que, suivant une expression de Tépoque, «aucun souci des choses séculières ne troublât le repos de ceux qui cherchent le règne de Dieu »*; par d'abondantes donations, les citoyens riches s'efforcent d'assurer la vie matérielle des moines' ; par de prudentes mesures, les conciles s'appliquent à leur garantir l'indépendance spirituelle et la tranquillité morale. Ils se préoccupent enparticulier de les soustraire à l'autorité trop tyrannique des évêques;dans l'intérieur de son monastère, l'abbé sera seul maître; nulle obligation d'ordre ecclésiastique, nulle redevance pécuniaire ne pourra être par Tévêque imposée à la communauté; aucune intervention étrangère n'est tolérée dans les affaires du couvent. L'abbé vient-il à mourir, seuls les moines ont qualité pour choisir son successeur; seuls, les supérieurs d'autres couvents peuvent, en cas de difficultés, être appelés à trancher les différends ; sauf pour y ordonner des prêtres ou y consacrer des oratoires, l'évèque ne pourra en aucun cas rien préten-
1. Aed , p. 339; BelL Vand,, p. 521; Vict. Toqu., a. 555. Cf. Morcelli, UI, p. 292, qui croit que ce couvent fut consacré sous le vocable de saint Sabas (cf. Labbc, VI, H7).
2. Diehl, Une charte lapidaire du m* siècle {Comptes rendus de CAcad, des inscriptions, 1834, p. 383-393).
3. VicL Tonn., a. 553, 557 et la note de Mommsen; P. L., LXIX, p. 43.