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dans les conférences préliminaires réunies pour examiner les textes en litige, les représentants de l'épiscopat africain firent une énergique et habile résistance ; en vain Facundus, portant du premier coup le débat sur son terrain véritable^ montra que condamner les Trois Chapitres c'était ruiner irrémissiblement le concile * ; Vigile, trop engagé avec la cour pour laisser se développer une argumentation qui semblait faire impression sur les assistants, fit fermer brutalement la bouche à l'orateur, et au lieu de la discussion projetée, on se contenta de prier les évoques de donner par écrit leur avis. Facundus protestait, offrait de défendre les Trois Chapitres'; on lui laissa sept jours seulement pour rédiger son apologie. C'était trop peu pour terminer son grand ouvrage: il dut se résigner à en faire présenter à l'empereur un bref sommaire renfermant les passages les plus décisifs. Il est à peine besoin de dire que tous ces efforts demeurèrent inutiles ; la veille de Pâques de Tan 548, le Judicatum de Vigile donnait satisfaction à Justinien.
L'Église d'Afrique avait trop nettement pris parti pour ne point s'indigner des faiblesses de Vigile. Quand on reçut à Carthage les exemplaires du Judicatum, accompagnés par les diacres de l'entourage pontifical des commentaires les plus flatteurs ', l'émotion fut générale dans les trois provinces; et malgré les ordres impériaux enjoignant d'adhérer à la condamnation des Trois Chapitres^, on se prépara à une énergique résistance. Sans même attendre les décisions du concile, que la paix, maintenant rétablie dans !a province, allait permettre de réunir sans délai, des moines fanatiques se transportèrent à Constantin ople pour y défendre la foi menacée. L'un des plus ardents^ parmi eux, était un certain Félix, abbé d'un monastère appelé Gillitanum ou Gillense, dont l'emplacement
1. Adv, Mocianum (P. /.., LXVTI, 859-861) ; Defensio, praef. (P. L., LXVIÏ, 527- 328J.