Facnndos, Defensio^ IV
moment où s'engageait la lutte S plusieurs prélats d'Afrique, parmi lesquels Facundus, évèque d'Hermiane en Byzacëne ; c'était un fort savant homme, d'une redoutable érudition théologique ; il connaissait assez le grec pour saisir tous les détails du problème qui se posait, et il était assez intelligent pour en comprendre toute la portée. Il avait vu par quelles surprises et sous quelle pression les patriarches orientaux avaient été amenés à mettre leurs noms au bas de Tédit impérial', et sa foi intransigeante s'indignait de leur faiblesse. Défenseur passionné de la tradition catholique, il n'admettait point qu'on touchât^ si peu que ce fût, au concile de Chalcédoine, et son inquiète ardeur, sa violence presque fanatique ne pouvaient excuser une transaction ni en admettre l'utilité. Pamphlétaire hardi, vigoureux, habile, sans crainte pour luimême et sans ménagements pour ses adversaires, il n'hésita pas à se jeter dans la lutte ; et comme il connaissait admirablement tous les côtés^ grands ou petits, religieux ou politiques, de l'affaire, il se mit à préparer à l'intention de Justinien uo traité considérable en douze livres, où il devait défendre les Trois Chapitres incriminés et venger l'œuvre de Ghalcédoine de ses impies blasphémateurs '; et, en attendant, pour bien marquer son attitude, il rompit toute relation avec le patriarche Menas et les autres partisans de Tédit impérial\ Lorsque le 25 janvier 547, Vigile débarqua à Constantinople, Facundus était tout prêt à soutenir énergiquement les résistances du pape; et quoiqu'il n'eût point encore achevé son grand ouvrage, il était trop versé dans la question pour n être point d'utile conseil.
On sait comment Vigile, cédant aux obsessions de Tempereur, se flatta pourtant de condamner les Trois Chapitres sans compromettre Tautoritédu concile deChalcédoine'. En vain,