Vict. Tonn., a
ment*. Quant à Primasîus d'Hadrumète et à Verecundus de lunca, ils restèrent dans la capitale, et comme entre temps, les rapports devenaient chaque jour plus tendus entre le pape et Tempereur, comme le moment semblait proche où Justinien tenterait de triompher par la violence des résistances nouvelles et plus énergiques de Vigile, courageusement ils se rapprochèrent du pape redevenu le défenseur de la foi catholique. Tous deux participèrent à la sentence de déposition prononcée contre Théodore Askidas, à l'excommunication lancée contre le patriarche Menas et ses partisans ; et quand, à la fin de 551, Vigile s'enfuit à Ghalcédoine, tous deux, quoique Verecundus fût malade, presque mourant, allèrent partager le sort misérable du pontife dans la basilique de Sainte-Euphémie. Verecundus devait y mourir peu de temps après*.
L'Église d'Afrique, ainsi privée de ses principaux chefs, semblait devoir céder facilement aux injonctions impériales. Pour mieux préparer sa soumission, on avait commencé par remplacer Reparatus sur le siège de Carthage. Un des diacres qui l'avaient accompagné à Byzance, Primosus, avait consenti à se faire en Afrique l'exécuteur des décrets de Justinien : et, malgré le clergé, malgré le peuple, contrairement à toutes les règles canoniques, il avait pris possession de sa ville épiscopale •. A la vérité, pour rendre possible cette installation, il avait fallu l'énergique intervention de l'autorité civile, et comme la foule résistait, le sang avait coulé dans Téglise ^ (551). Mais on espérait que cet exemple calmerait l'ardeur de l'opposition; et, en même temps, on intriguait de mille façons pour la fléchir. Des agents impériaux travaillaient activement les églises africaines; et le pamphlet de Facundus contre le scholastique Mocianus montre fort nettement par quels arguments. Aux uns on esssayait de démontrer que la
i. Adv. Moàanum, p. 853-855.