P. L., LXIX
condamnation des Trois Chapitres étail juste, et le Judicaium de Vigile légitime * ; aux autres, on représentait combien était profondément regrettable Tattitude des conciles d'Afrique, qui, en rompant la communion avec les advetsaires de Chalcédoine, avaient provoqué un schisme véritable et placé leurs provinces en dehors de TÉglise universelle*. Pour décider les ignorants, les faibles, à cesser leur opposition, on leur vantait les avantages que trouverait la religion au rétablissement de la paix, on leur concédait même qu'on avait eu tort peut-être de toucher à Tœuvre de Chalcédoine ; mais, au nom de la concorde, on les suppliait de ne point s*obstiner, et on leur citait les textes de saint Augustin, disant : « La paix-est bonne, recherchez la paix ; Tunité est bonne, aimez l'unité, ne rompez point Tunité '. » Â ces sollicitations on joignait les menaces; on affirmait que les adversaires de Vigile expieraient sûrement dans cette vie et dans l'autre leur incompréhensible résistance \ Quant aux prélats qu'on jugeait accessibles aux séductions terrestres, on y mettait moins de façons encore : par des promesses d'avancement ou d'argent, on se flattait d'acheter leur adhésion ^. Le scholastique Mocianus, en particulier, semble avoir été en Afrique l'un des serviteurs de cette politique; personnage assez peu recommandable, du reste, jadis arien au temps des rois vandales, puis fervent catholique au lendemain de la conquête byzantine, il avait su se pousser à Constantinople dans l'amitié de Théodore Askidas et la faveur de Justinien * ; il semble, vers S51 , au moment oiïi prenait consistance le projet d'un concile œcuménique, avoir été envoyé à Carthage pour y trouver des représentants complaisants ou dociles de i'épiscopat latin ^; et comme le