P. L., LXVII
vers monastères de la capitale ^ Au fond ce n'étaient plus là que des manifestations sans conséquence; dès avant 560 le pape Pelage pouvait déclarer que «l'Afrique, llllyrie, rOrienl avaient condamné les Trois Chapitres » et que « c'était folie de s'écarter d'une telle sentence pour suivre quelques colporteurs de fausses nouvelles » '. Aussi bien les principaux acteurs que l'Afrique avait fournis à ce grand drame disparaissaient l'un après l'autre : en 557, l'abbé Félix mourait dans sa prison de Sinope'; en 558, Primasius d'Hadrumète périssait misérablement^ ; en 563, Reparatus finissait à Euchaïta ses jours dans Texil * ; en 565 les derniers défenseurs des Trois Chapitres suivaient de près dans la tombe Justinien, leur persécuteur \ Après avoir pris à cette tragique lutte une part éminente, fourni à la cause de l'orthodoxie quelques-uns de ses plus vigoureux défenseurs ; après avoir, pour garder sa foi, résisté aux persécutions impériales et affronté même sans hésiter une douloureuse rupture avec Rome, l'Afrique retrouvait enfin à l'aurore du nouveau règne le calme intérieur. L'édit de Justin II, en proclamant la pacification religieuse, en recommandant aux évoques d'éviter toute nouveauté \ rendait l'Église africaine à sa véritable vocation : pendant plus de quatre-vingts ans elle allait avoir pour principal souci d'étendre dans l'Afrique byzantine le domaine du christianisme. Traitée d'ailleurs avec une extrême faveur parles successeurs de Justinien, protégée par leurs édits contre toute ingérence abusive des administrateurs civils et militaires*» investie du droit de porter directement aux pieds du prince ses réclamations et ses conseils* ; sûre de voir ses privilèges respectés et
i. Vict. Tonn., a. 565.