Id., p
ses demandes exaucées', TËglise sentait croître dans les provinces son influence puissante; le moment était proche où, par son sévère et incessant contrôle, elle allait conquérir jusque dans l'administration publique une place chaque jour plus éminente.
Quoi qn*il en soit^ un fait important ressort du récit que nous venons de faire. Pour que, pendant sept ou huit années, de 548 à 556, l'Afrique ait pu s'engager avec tant de passion dans la querelle des Trois Chapitres; pour que, durant cette période, les évêques aient pu se concerter sans peine, et des conciles se réunir à plusieurs reprises sans aucune difficulté ; pour que de nombreux prélats, pour que les chefs mêmes de l'Église africaine n'aient éprouvé nulle répugnance à abandonner pour un temps assez long leurs diocèses; pour que Tadministration publique enfin ait trouvé le loisir de se mêler activement à la lutte et d'employer ses forces à la répression des dissidences religieuses, il faut évidemment que l'Afrique ait été d'autre part pleinement tranquille et pacifiée. Ainsi les victoires de Jean Troglita avaient été efficaces autant et plus que celles du patrice Solomon; grâce à elles, pendant quinze années, TAfrique paraît avoir joui d'un calme et d'une prospérité que ne vint troubler aucun événement extérieur; il fallut le relâchement général qui marque la fin du règne de Justinien; il fallut les dangereuses imprudences du gouvernement impérial pour ébranler cette situation heureuse, et rejeter encore une fois, et pour plus de trente ans, l'Afrique dans une succession de difficultés, de troubles et de guerres.
1. Zacbariae, Jus gr, rom,, III, p. 10 (a. 568;, p. 30 (a. 582).