Zachariae, /. c, lll, p. 9-10 (a
l'aurore du nouveau règne semblait pleine de promesses pour l'Afrique, et on conçoit que l'Africain Corippus entreprit en l'honneur de Justin II un panégyrique extraordinaire, pendant que Carthage reconnaissante élevait des statues à l'empereur *.
Malheureusement cette prospérité dura peu. Quand les Avares, un moment effrayés par la courageuse fierté du nouveau prince, revinrent donner l'assaut à Tempire, quand les Lombards pénétrèrent en Italie, quand de graves difficultés diplomatiques annoncèrent l'imminente reprise de la redoutable guerre perse*, l'Afrique, quoiqu'on en eût, passa au second plan des préoccupations impériales; probablement, pour résister aux envahisseurs qui menaçaient l'Orient et ritalie, on la dégarnit d'une portion des faibles troupes ^ qui l'occupaient: en tout cas elle devint le théâtre de nouvelles guerres, et quoique nous possédions sur cette période des renseignements infiniment sommaires, pourtant nous entrevoyons combien elle fut désastreuse. En 569, Théodore, préfet d'Afrique, est tué par les Maures*; en 870, Théoctistos, magister militum de la province d'Afrique, est battu par les Maures et tué*; en 571, Amabilis, magister militum d'Afrique, est tué par les Maures *. Dans quelle partie delà province se passèrent ces événements, dont la sèche mention revient, comme un lugubre refrain, sous la plume du chroniqueur Jean de Biclar? Sont-ils le résultat de quelque soulèvement parmi les tribus soumises à l'empire, ou plutôt la conséquence de quelque attaque venue des populations indépendantes de la Maurétanie ? Sont-ils l'effet d'une invasion berbère dans le pays byzantin, ou bien d'une conquête tentée par les impériaux, comme pourrait le faire croire l'extension que l'influence grecque semble