Const. IV (a. 582): Zachariae, UI, p
4. Theoph. Simocatta, III, 4, 9. Sur la date, cf. Ewald, dans l'édilion de Grégoire le Grund, I, p. 82.
ractéristiques, il semble d'abord que TAfrique de Justin II et de Tibère ressemble fort à celle de Justinien. C'est la même organisation administrative, où les pouvoirs civils sont en général distincts de Tautorité militaire; c'est le même système de défense, s'appuyant sur un réseau de places fortes savamment disposées; c'est la même politique à l'égard des indigènes, assurant l'influence byzantine tout ensemble par les subsides pécuniaires et par la propagande religieuse ; ce sont les mêmes guerres enfin, fécondes en pillages et même en désastreux revers, mais où la solidité des troupes byzantines finit toujours par avoir le dernier mot. Pourtant, en observant plus attentivement les choses, de graves différences apparaissent. Malgré la réelle sollicitude que Justin et Tibère témoignèrent à l'Afrique» Tétat de I9 province parait moins prospère qu'autrefois : au dedans l'administration publique se désorganise, et les édits impériaux sont impuissants à la reconstituer; la misère du pays augmente, et les rescrits du prince ne peuvent y porter un remède efficace. La défense de la frontière est moins solide, et moins assurée la tranquillité de la contrée ; ce n'est plus seulement le long du limes^ ou sur quelques points stratégiques de la seconde ligne qu'on établit les forteresses ; c'est l'intérieur de la région même qui se hérisse de citadelles, et — chose plus significative encore — pour la première fois les populations sont contraintes de veiller ellesmêmes à leur sécurité, et de construire à leurs frais, à côté des places fortes impériales, des redoutes où elles trouveront un refuge ^ Au dehors, les attaques sont plus fréquentes et^ malgré les succès de la propagande chrétienne, de grands états indigènes se forment, qui demeurent soustraits ou hostiles à l'influence byzantine. Sans doute la victoire de Gennadius rétablit pour quelques années la paix en Afrique et y remit la domination grecque sur un pied égal, supérieur même, à
1. C. /. I , Vill, 4354; le caslrum est construit par les « conseotientes sibi cives istius loci... de suis propriis laboribus ». Sous Us règnes s uivaots, le fait sera plus fréqueut cucore (C. /. L., Vlll, 10681, 12U35).
celui qu'elle avait tenu sous Justinien. Néanmoins les mêmes dangers subsistaient, et d'autant plus menaçants que désormais les guerres d'Orient empêchaient d'entretenir dans la province une armée d'occupation bien considérable ; et en conséquence, dans les préoccupations de l'administration impériale, le soin de la défense tendait nécessairement à prendre de plus en plus la première place. De ces diverses causes devait naturellement sortir une importante réforme administrative^ déjà préparée d'ailleurs par une longue suite de circonstances : sous le règne du succcesseur de Tibère, de l'énergique et intelligent Maurice, les provinces occidentales de la monarchie allaient recevoir une organisation nouvelle; en même temps que l'Italie se transformait pour résister à l'invasion lombarde, pour les mêmes raisons et de la même manière l'exarchat d'Afrique naissait.