Cf. Diehl, Exarchat de Ravenne^ p
zantin, mais capables de constituer parleur union un centre d'administration et de résistance, ne valait-il pas mieux, au lieu de maintenir la lointaine Septem dans la dépendance d'une Maurétanie Césarienne hypothétique, rassembler autour d'elle toutes les possessions byzantines de Touest, et lui assurer ainsi de plus sérieuses chances d'existence^? En un mot, ne valait-il pas mieux, au lieu de nourrir d'ambitieuses illusions, accommoder sa politique aux circonstances présentes, et puisqu'il fallait décidément renoncer à reconquérir toute l'Afrique, tâcher du moins de conserver ce qu*onen avait conquis ? Ce fut en Italie comme en Afrique, la politique de l'empereur Maurice ; et on ne saurait nier que sa prudente sagesse n'ait donné par là à ces provinces plus de cohésion et d'énergie pour la défense.
Quoi qu'il en soit de ces remarques, à la fin du vi"* siècle, l'Afrique byzantine comprenait les territoires suivants :
4"* La province Proconsulaire*;
2^ La Byzacène ;
3* La Numidie;
4^ La Maurétanie première (Sitifienne et débris de la Césarienne) ;
5* La Maurétanie seconde (Septem, Baléares, villes grecques d'Espagne) ;
6"" La Sardaigne, à laquelle il faut sans doute rattacher la Corse, omise par Georges de Chypre, mais qui dépendait incontestablement, à la fin du vi« siècle, du gouvernement d'Afrique*.
Si incomplets que soient sur certaines de ces provinces les renseignements de notre géographe — la liste des villes de la Proconsulaire en particulier a absolument disparu^ — pour-
1. C'est en effet ce qui anÎTa, comme on le verra plus lo)n. Cf. Gelzer,
p. ZLUl-XUV.
2. Le nom se rencontre dans un rescrit de 582 (Zachariae, Jtu gr. rom , III, p. 30).
3. Cf. Greg., Epist., 7, 3; Gelzer (p. xLiv)y met à', tort un duc: on n'y trouve qu'un tribun.
4 Cf. Gelzer, p. xxix.
tant ils suffisent pour faire apprécier d'une manière générale rétendue du pays byzantin. DanslaByzacène, les limites delà province étaient demeurées ce qu'elles étaient au temps de Justinien : si, parmi les villes énumérées par Georges de Chypre, nous cherchons les plus méridionales, nous trouvons en effet, sur la côte, lunca, dans Tintérieur du pays, Madarsuma, Capsa et Thélepte, et versTouest, Gillium; en seconde ligne^ c'est, sur le littoral, Thapsus et Hadrumète, dans Tintérieur, Kouloulis, Mamma, Sufetula et Sufes, qui déjà porte son nom actuel de Sbiba^ La Numidie aussi avait sensiblement la nvéme extension qu'autrefois : au pied de TAurës, les Byzantins occupent toujours Théveste, Bagai, et d'autres témoignages nous permettent d'ajouter à ces villes celles de Thamugadi, de Lambèse et de Diana'; à Tintérieur, ils tiennent, comme jadis, la seconde ligne que formaient Laribus', Tigisis, Calama; du côté de l'ouest, ils possèdent Mileu et Gonstactine^. La Maurétanie première parait avoir été plus sérieusement diminuée : on y rencontre seulement Sitifis et Rusuccuru, cette dernière place provenant de l'ancienne Césarienne * ; la région du Hodna, si du moins il n'y a ici nulle lacune dans la liste, semble à ce moment avoir été abandonnée. Enfin, dans la Maurétanie seconde, la notice place Septem, les îles de Majorque et de Minorque, et les villes que les impériaux conservaient en Espagne à la fin du vi« siècle : c'étaient depuis que le roi Léovigild avait définitivement reconquis Gorduba^ les cités de Garlhago Spartaria (Carthagène), Malaca, Assidona et Sagontia (Gisgonza)\ il reste à nommer en Sardaigne les villes de Garalis, métropole de File, de Turris,