C. /. L, VIU
nementS Gennadius abandonna ses fonctions, Maurice lui donna pour successeur un des meilleurs généraux de l'empire, Héraclius'y et les textes grecs désignent ce personnage par le titre absolument militaire de patrice et stratège d'Afrique' : bien plus, Héraclius est assisté dans sa charge par un administrateur également militaire, le patrice et hypostratège Grégoire^; et les documents, nous le verrons plus tard, montrent nettement qu'entre les mains de ces deux hommes, était remis tout le gouvernement de la province '. L'exarchat était créé et jusqu'aux derniers jours de la domination grecque, TAfrique byzantine garda le régime administratif que l'empereur Maurice lui avait donné .
A la vérité, le temps manqua pour que l'évolution commencée s'achevât* Tandis que ritalie, s'assimilant aux autres provinces de l'empire d'Orient, pouvait, sauf le nom, être au milieu du vu* siècle considérée comme un véritable thème*, en Afrique les principes qui avaient donné naissance à la transformation n'atteignirent point leur entier développement : dans l'exarchat d'Afrique, l'administration civile parait avoir gardé une plus grande place que dans Texarchat de Ravenue : mais dans les deux gouvernements les causes de la réforme étaient identiques; dans l'un et l'autre, on trouve un frappant exemple de la lente transformation d'où sortit le régime des thèmes byzantins; dans l'un et l'autre enfin, les mêmes institutions produisirent les mêmes conséquences. En Afrique comme en Italie, l'éloignement du pouvoir central rendit ladministration impériale de jour en jour plus indépen-
i. La première mention est de juillet 591 (Greg., 1, 59); la dernière d*oct. 598 (Greg., 9, 9 et 11).
2. Nicéph., p. 3. On ne saurait dire si Héraclius fut le successeur immédiat de Gennadius; en tout cas, nommé par Maurice, il vint en Afrique avant 602.
3. Théophane, p. 295,297; Bury (H, p. 345) croit À tort que ce fat là une nouveauté : il montre bien pourtant rimportance du terme de orparriyuc.
4. Tliéophane, ibid. Cf. sur cet adjoint ordinaire du stratège, Théophane, p. 256,284; Théoph. Simocatta, p. 293.