Cf: id
482 Histoire de la domination bVzantine en Afrique
craindre; et les soucis que donnaient en Orient les continuelles hostilités poursuivies contre les Avares et les Slaves, semblent n'avoir point toujours permis d'entretenir des forces suffisantes en Afrique. Aussi, malgré les précautions prises, de graves incidents se produisaient parfois : en 595 ou 596 un nouveau soulèvement des indigènes vint porter la terreur jusque dans Carlhage*. L'exarque, trop faible pour résister à la multitude dès insurgés, eut recours à la ruse; il entra en négociations avec les rebelles, feignit de consentir à toutes leurs exigences, et comme les Berbères, enorgueillis de ce facile triomphe, croyant la paix assurée, célébraient leur victoire par des réjouissances, Gennadius se jeta sur eux au moment où les fumées du festin les livraient sans défense aux coups des Byzantins : un butin considérable fut pour les Grecs le prix de la victoire, et de nouveau grâce au sanglant écrasement des rebelles, l'Afrique se trouva pacifiée". Aussi bien, sous tant de défaites, Ténergie des Berbères faiblissait. Jadis la peste de 543, en dépeuplant les provinces africaines, avait été pour les indigènes l'occasion d'un formidable soulèvement; en août 599 une grave épidémie put éclater en Afrique et pendant toute une année ravager cruellement la province*, sans que les Berbères fissent aucune tentative pour profiter de ce désastre : bien plus, l'Afrique était à ce moment si tranquille qu'on pouvait songer à préparer une expédition pour défendre la Sardaigne contre les Lombards*. En fait, le soulèvement de 595 a été le dernier effort tenté, à notre connaissance, par les indigènes contre l'autorité byzantine : à cet égard, du moins, la création de l'exarchat avait porté ses fruits.
i. Théoph. Simocatta, 7, 6, p. 2o5.
2. Ibid. : ovTo) pikv ouv xaià Tr,v AiSJ/jv e5 xai jxaXa xxAtb; ôieTÎO&TO toÎ; *Pwïi3tîoi;.