Nicéphore, p
6. Jeaa de Nikiou, doot le récit reuferme au reste plus d'une erreur, affirme cependaut avec beaucoup de précisioa que Pyrrhus fut exilé en Afrique peu après Favëneiueut de Coustant II (p. 580. Cf. p. 564 et 5'72).
Carthage au mois de juillet 645 ^ Maxime qui, à cette date^ habitait encore la province, jugea l'occasion favorable pour ménager à Torlhodoxie un triomphe éclatant, et il provoqua le patriarche déchu à un débat solennel sur la doctrine monothélitc. Depuis longtemps le moine avait le désir de se mesurer en une luUe théologique avec un des plus redoutables fauteurs de Thérésie ' ; il appréciait hautement l'intelligence, Térudition profonde d'un tel adversaire; il sentait vivement la gloire qu'il y aurait à ramener l'illustre hérésiarque, humble, repentant et soumis, dans la communion de TÉglise romaine '. Pyrrhus, qui semble avoir été directement recommandé à Maxime ^ ne se refusa pas à la controverse ; et en juillet 645, en présence du palrice Grégoire, exarque d'Afrique, des évèques et des principaux personnages de la province, une solennelle discussion s'engagea entre les deux théologiens: sous toutes ses faces, la doctrine monolhélite fut exposée, examinée, réfutée, et à la fin de la conférence, Pyrrhus, s'avouant vaincu, promit d'aller faire pénitence au tombeau des apôtres, et de remettre au pape une déclaration où il abjurait ses erreurs *.
C'était pour l'orthodoxie une victoire considérable : le zèle religieux des évèques d'Afrique ne s'arrêta pas là '. Émus des progrès croissants de l'hérésie, du trouble des églises, des plaintes des fidèles "^y jugeant, avec quelque naïveté peut-être, que la rétractation de Pyrrhus ne pouvait manquer d'entraîner la prompte soumission du patriarche Paul •, excités sans doute aussi par Maxime, qui croyait le mo-
i. P. G,, XCI, 287.