‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 490 sur 539 · ôid., Vl · texte numérisé non relu

ôid., Vl

Dans la lettre qu'ils écrivaient à l'empereur, les évêques s'intitulaient humblement « le clergé de votre province d'Afrique » *, et ils terminaient par des vœux chaleureux pour la prospérité du prince et la longue durée de son règne; mais tout en gardant, au moins en apparence, — car dès ce moment, on le verra, les événements démentaient quelque peu leurs paroles — une complète et sincère fidélité au basileus^ les évoques n'étaient pas moins préoccupés de prouver au Siège apostolique leur respect et leur dévouement. Les primats de Byzacène, de Numidie et de Maurétanie s'empressaient, au lendemain des conciles qu'ils avaient présidés, de faire connaître au pape Théodore les résolutions prises par ces assemblées, et ils lui demandaient, si le patriarche Paul s'obstinait dans Thérésie, d'user de son autorité pontificale pour « retrancher le membre malade du corps sain et vigoureux de rÉglise '. » Mais surtout ils proclamaient hautement leur soumission au Siège apostolique, où toutes les Églises, disaient-ils, sont venues puiser, « comme à la source natale », les principes du dogme, et qui entretient dans le monde entier la pureté de la foi ^. De même Tévèque de Carthage, lorsque quelques mois plus tard il annonçait son élection au pontife, après avoir protesté de son ferme attachement à la doctrine des deux volontés^ déclarait qu'il voulait être étroitement uni à la papauté, « pour défendre courageusement en toute circonstance la vraie foi et la religion catholique » \

Ainsi, la querelle du monothélisme avait pour principal effet de créer en Afrique une agitation grosse de conséquences: par son imprudente intervention dans les matières de foi, le gouvernement impérial n'avait réussi qu'à resserrer les liens déjà si forts qui unissaient la province à Rome; par la faveur qu'il marquait à l'hérésie, il avait profondément inquiété et blessé les populations orthodoxes et provoqué parmi elles un

i. Labbe, VI, 133 : a Cuocti yestrae Africae domini sacerdotes m.

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