Roth, p. 67-68, juge ce fait purement légendaire
cida, peut-être par prudence, à longer le flanc méridional de TAurès pour rentrer dans la Byzacëne. Koçéilane lui en laissa pas le temps : avec de nombreuses bandes berbères, grossies de quelques troupes grecques, il occupait les places qui jalonnaient la route : quand Okba parut devant Tehouda, Tancienne Thabudeos, il se trouva cerné par ses adversaires. On sait comment le vaillant général, dédaignant de fuir, voulut, suivant son expression, « gagner le martyre » *, et comment il succomba héroïquement avec la plupart de ses compagnons* (683). Le premier il avait compris l'importance d'assurer par un établissement durable la domination musulmane en Afrique ; par sa téméraire valeur et l'intempérante ardeur de son fanatisme, il devait iui-mème, malheureusement pour rislam, compromettre pour quelques années les résultats obtenus.
La mort d'Okba en effet était pour les Arabes un désastre fort grave : devant le soulèvement général des populations berbères, la garnison de Kairouan, découragée^ n'essaya même point de défendre la ville, et évacuant entièrement l'Afrique, elle alla se retirer à Barca ». Sans coup férir, Koçéila prit possession de la cité abandonnée par ses défenseurs, et, s'il en faut croire les historiens arabes, « il se rendit maître de la province d'Afrique » *. Sans prendre à la lettre ces paroles, il semble pourtant qu'un grand état berbère se constitua sous l'autorité du prince victorieux : on peut croire qu'il vécut en bonnes relations avec le gouvernement impérial, dont il avait sollicité l'alliance pour combattre Okba, et dont les soldats n'avaient pas peu contribué au succès final. Toutefois il ne parait point que la domination byzantine se soit de nouveau, au moins directement, étendue sur la Byzacène. Les écrivains arabes qui nous ont laissé le récit de ces événe-