Fournel
3. Nicéph., p. 39; Théoph., p. 370. La date de 697 est certaine. Foornel se trompe en disant que les historiens arabes ont dissimulé cet échec (I, p. 213); cf. El-Bekri (Journal asiat., 1858, p. 508).
Les Arabes n'avaient rien pu tenter pour arrêter la marche victorieuse des Byzantins. Hassan avait en effet complètement échoué dans Texpédition qu'il tentait contre TAurès. A l'approche des musulmans, la Kahena descendant de ses montagnes avait audacicusement pris position dans la plaine de Bagai^ avec une énorme armée où toutes les populations chrétiennes de la région étaient venues grossir les contingents berbères ; la bataille se donna sur les bords d'une petite rivière, rOued Nini, qui verse ses eaux dans la grande lagune du Guorah-el-Tarf ; elle fut désastreuse pour les Arabes. Malgré des prodiges de valeur, ils furent mis en pleine déroute, rejetés de Numidie en Byzacène, poursuivis Tépée dans les reins jusqu'aux environs de Gabès : et au moment même où la flotte grecque paraissait devant Carthage, Hassan, incapable de se maintenir en Afrique en face du soulèvement général des indigènes, évacuait la province et reprenait tristement la route de Barca'.
Il n'y demeura point fort longtemps : dès 698, le général musulman rentrait en Byzacène, et bientôt il reparaissait sous les murs de Carthage, en même temps qu'une flotte considérable attaquait la place du côté de la mer'. L'escadre byzantine, battue par des forces supérieures, menacée jusque dans le port où elle avait cherché refuge, dut se résoudre à reprendre le large ; ainsi abandonnée, la ville, vigoureusement assaillie du côté de la terre, tomba bien vite aux mains des infidèles. Désespéré de ce grand désastre, qu'il avait été incapable d'empêcher, le patrice Jean repartit pour TOrient avec les débris de son armée et de sa flotte •. II espérait bien qu'un avenir prochain lui permettrait de revenir avec des forces nouvelles réparer sa défaite * ; les événements se chargèrent