‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 53 sur 539 · Procope, Bell. Vand., p · texte numérisé non relu

Procope, Bell. Vand., p

forces et s'épuiser l'un par l'autre : maintenant ils croyaient le moment venu de mettre à profit la désorganisation profonde qui suivait la défaite de Gélimer. D'autre part, les prestigieux succès de Bélisaire, sans doute aussi les promesses magnifiques dont il avait acheté l'inaction des grands chefs, avaient imposé aux indigènes une prudente et politique réserve; mais les engagements pris par le général byzantin étaient demeurés lettre morte, et les tribus se plaignaient de n'avoir obtenu aucun des avantages qu'on avait fait miroiter à leurs yeux ^ 11 semble en outre qu'une mauvaise récolte, et la famine qui en était la conséquence *, avaient exaspéré chez les Maures le désir, toujours éveillé, d'aller piller les plaines fertiles et les riches villages de l'Afrique romaine. Enfin Bélisaire parlait, et l'état où il laissait la province semblait merveilleusement favoriser une prise d'armes.

La guerre nouvelle qui commençait était d'une gravité extrême. Jusque-là, les troupes byzantines avaient eu à combattre une armée à peu près régulière; elles en avaient triomphé sans trop de peine par la supériorité de leur armement et les règles plus savantes de leur tactique. Contre le nouvel adversaire qu'elles rencontraient, ces avantages ne leur servaient plus guère : en face des légers cavaliers berbères, la solide armée impériale risquait de paraître un peu lourde et insuffisamment mobile; devant la tactique, peu scientifique peut-être, mais si merveilleusement appropriée au pays, de leurs insaisissables ennemis, les correctes méthodes de combat des généraux byzantins risquaient de demeurer inefficaces; et les impériaux tout d'abord s'en trouvèrent assez déconcertés, pour qu'il ne soit pas inutile d'insister un peu sur les différences qui séparaient les deux adversaires.

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