‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 81 sur 539 · Bell. Vand., p · texte numérisé non relu

Bell. Vand., p

Membressa : voyant les rebelles rejetés en déroute sur la province, ils avaient marché à leur rencontre pour les empêcher de se reformer; ils espéraient, par surcroît, pouvoir enlever Stotzas, qu'on savait réfugié avec quelques hommes seulement dans la petite ville de Gadiaufala'. Mais l'indiscipline qui travaillait toute Tarmée byzantine n'avait point épargné le détachement de Numidie; à peine les soldats se trouvèrent-ils en présence du chef de la révolte, qu'oubliant tous leurs devoirs, ils passèrent en masse au parti de l'insurrection ; bien plus, ils laissèrent, sans rien faire pour les sauver, massacrer traîtreusement leurs officiers auxquels on avait d'abord promis la vie sauve : par cette sanglante et inutile exécution, Stotzas comptait bien compromettre ses nouveaux amis d'une manière irréparable*.

C'étaient près de trois mille hommes qui venaient grossir les forces de l'insurrection ; maintenant les deux tiers au moins de l'armée byzantine d'Afrique étaient soulevés contre l'empereur»; sous les ordres dlldiger et de Théodore de Cappadoce, chargés par intérim du commandement, restaient cinq mille hommes à peine, concentrés à Carthage et dans quelques autres villes, troupes mécontentes, mal sûres, d'une fidélité plus que douteuse, profondément travaillées par les intrigues des rebelles, dans les rangs desquels beaucoup de soldats comptaient des parents ou des amis*. Pour rétablir l'autorité impériale, pour sauver l'Afrique si récemment conquise et déjà presque perdue pour l'empire, un vigoureux effort était indispensable : mais à ce moment même, l'expédition d'Italie absorbait toutes les ressources de la monarchie et immobilisait ses armées : au lieu des soldats qu'il fallait, Justinien dut se contenter d'envoyer un général (fin 536). Ainsi, moins de trois ans après la glorieuse expédition de Bélisaire, tous les rêves de l'empereur, toutes ses ambitions de

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