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LA PAaFICATlON DE L'AFRIQUE PAR SOLOMON 83
domination aniverselle dépendaient à peu près entièrement de rhabiieté diplomatique plus ou moins grande du nouveau commandant en chef.
Du moins, pour cette mission difficile, le basileus avait fait un choix excellent. Lepatrice Germanos s'était déjà, comme magister militum per Ihraciam, distingué sur la frontière du Danube en repoussant une incursion de Slaves*; il était de plus le propre neveu du souverain', et l'on espérait que cette haute origine, rappelant d'une manière visible aux soldats la fidélité qu'ils devaient au prince, donnerait au nouveau gouverneur plus de prestige et d'autorité; enfin» en lui conférant des pouvoirs extraordinaire^', on le mettait en mesure de prendre, sans contrôle et selon les circonstances, toutes les dispositions nécessaires au salut de l'Afrique. Aussitôt arrivé à Carthage, le patrice comprit la gravité de la situation: pour venir à bout de l'insurrection menaçante, avant tout il fallait reconstituer l'armée ; mais on ne pouvait songer, au moins pour le moment, à rétablir par des rigueurs salutaires la discipline ébranlée : c'eût été, avec des troupes d'une fidélité chancelante, achever sûrement la débâcle ^. Germanos agit en diplomate*. Tout d'abord, par une proclamation, il fit connaître qu'il était envoyé par l'empereur tout exprès pour écouter les doléances des soldats, leur rendre bonne justice et punir leurs oppresseurs^; et comme gage de ses bonnes intentions, il sacrifia à la rancune des troupes et renvoya à Constantinople quelques officiers trop impopulaires ou trop compromis par teur attachement à Solomon^ En même temps il