Bell. Vand., p
heureuse de tous les hommes*. » Et plus tard, quand revinrent pour l'Afrique les mauvais jours de troubles et d'invasion, c'est vers cette période de paix et de prospérité que se reportèrent naturellement tous les regards : ce Alors, dit le poète Corippus, la tranquillité la plus profonde régnait dans notre pays; ni la guerre, ni les ravages des pillards, ni Tavidité des soldats ne venaient s'abattre sur le toit du paysan; les propriétés étaient respectées, la Libye regorgeait de richesses, la paix était assurée dans le monde. Alors Cérès prodiguait ses dons*, alors les pampres étaient chargés de grappes et les arbres verts s'émaillaient d'olives brillantes comme des pierreries. Le soldat vivait heureux et paisible sur ses terres; partout le cultivateur avait commencé à planter ses vignes, et, liant sous le joug ses taureaux dociles, il jetait gaiement la semence, en faisant sur la montagne résonner son joyeux refrain. La paix était, féconde et prospère ; sur la terre apaisée s'élevaient les douces chansons et les voix légères; partout le marchand chantait, le laboureur était plein de joie, le voyageur était tranquille, et les Muses venaient adoucir et charmer les travaux des hommes. La liberté était entière*. » Sous ce gouvernement réparateur, l'Afrique retrouvait ses forces épuisées*; les chefs berbères, tremblant au souvenir de leurs défaites, venaient d'eux-mêmes se soumettre à l'autorité de l'empereur % et les populations délivrées de leurs misères passées', se répandaient en accents de reconnaissance. « C'est votre main, dit énorgiquement Corippus, qui a arraché les misérables Africains aux griffes de la mort. L'Afrique a ressuscité au bruit de vos triomphes; après ses longs deuils, vous lui avez rendu la joie\ » Sans doute, il ne faut point prendre
2. Cf. sur cette fertilité, JoA., III, 28-34; surtout 31-32: ofecuoda, redundans — Prugibus. »