X PRÉFACE
ces, si ce n*est plus ! Eternels et douloureux recoinmenceiiients 1 « Redoutable Fatalisme! r^ comme récrivait récemment Pierre Baudin, après avoir cité le livre documenté, sincère, franc, vrai en un mot, où le médecin-inspecteur Delorme démontre que les errements de Crimée et d'Italie se sont retrouvésen 1870-71. « Et depuis, ajoutait-il, Texpérience de la guerre de 1870-71 a-t-clle servi pour les expéditions coloniales, pour celles de Madagas* car notamment où des milliers de nos soldats ont péri ? » 11 oubliait à cùtr d'eux leurs plus précieux auxiliaires, nos convoyeurs, et surtout les convoyeurs kabyles, sans los(|uels le résultat final eût été impossible, nul n'oserait le nier. « Les mêmes imprévoyances dans la préparation de l'expédition, les mùm(»s t^mbarras du début, les mêmes indécisions, les mêmes incompétences » ne se sont-ils pas produits dans la campagut' de 18î)5 ? l'n jour peut-être des ofliciers parvenus à leur retraite répondrcmt, cliacun dans leur mesure. « J'ai fait à deux reprises le Toiikin, puis le Laos, disait un oflicier très distinj^^ué et expérimenté du corps expéditionnaire, je n'ai encore rien vu d'aussi triste que ce que je vt)is ici. » Un autr»', un aidemajor, écrivait à un de s(»s parents d'un grade très élevé dans la inédeoiin» militaire : « Je suis venu à Madagascar, vous h» savez, pi»nr apprendre k diriger le service de santé en colonie dans le cas
^eu probable où je deviendrais un jour directeur, I j'y ai appris simplemont ce qu'il nu fallait pas faire.
« A.U pays de la Fiùvre » n'est pas k propreiiionl parlur un livre, iiiuîs siinplument un journal dans le sens que Claretic ilonnc & co mot; « un livre fractionné, le cri sponlano, immédiat » nullement contenu d'un officier, tout jouno alors, devant ses désirs el ses déceptions, ses joies et ses trislesscs, ses efforts et ses insuccès, ses espoirs et ses angoissoâ. C'est aussi sa douleur devant les déceptions, les tristesses, les navrements, lesmallieurs et les souffrances des petits soldais, dos mercenaires, des convoyeurs, tous lamentables victimes qu'il s'est essayé à aider ou à consoler par sympathie et non par devoir. Son récit très personnel (n'est-on pas plus sûr de ce que l'on peri:oit dans le fond de soi-même *) s'est efforcé cependant d'être l'écho fidèle do ceux qui, pou distants, tout près de lui, se sont parfois réjouis, plus souvent Jamenlés. H raconte des choses vues, entendues, Lficrites, senties el agios, vécues pour tout dire.
Parfois la rage trop forte et l'cxcitaliou de la liBèvre lui ont duremeiit fait apprécier lus gens el ■leurs œuvres ; chacun jugera suivant son esprit, iMtimora suivant son cœur ilevant des faits cl ■ des récits jurés indéniables, môme dans leurs bdétails.