PRÉFACE
Reproduclion de notes écrites au jour le joun HuraDt la campagne de IK'Jo, cespagesn'auraient i encore été livrées au public, si leur auteur ll'avait contracté a au i^ays de la Fièvre » des bions graves, devenues, par un séjour ultérieupJ Ms les régions saliuricitncs, à jamais déliiiitive^ t l'ayant mis en demeure, tout récemment, à^ [uïtter l'Armée par une retraite anticipée. Ces longs cliapîires, éloignés de toute valeur otl I toute ambition littéraires, ne prétendent pas nre un historique de l'expédition de Madagascar. !b1 ne l'a encore tenté, muni îles garanties dû-
nemtMits et d'impartialité qui seuls font Itf pliable historien. Et pourtant son exposé serais
PRËF&CE
des plus simples, si l'on voulait consulter les manuBcrits précieux, marqués au coia de la plus juste exposition des faits, tenus par certains ofliciersdu corps expédition iiairc. Mais ces documents ne sortent de leur cachette que pour redire et repleurer à leurs auteurs les fautes d'une campagne coloniale des plus douloureuses et des plus lamctitables qui se puissent imaginer. La inarclic héroïque de la colonne volante et la prise iIcTananarive ont satisfait la France; elles ne pourront jamais faire oublier à ceux qui firent partie de l'expédition les erreurs ^^avcs antérieures au triomplio final, les gémissements nombreux des mourants incouverts par la vuix du Te Detiiii vainqueur ot reconnaissant. Eux seuls longtemps, toujours, se souviendront de ces résignés qui après plusieurs mois do déceptions et de désespérances, entrevirent la fln de leurs tourments le 30 se[»cmbro I89i>, à 'i \\. 35 du soir, dans le flottement du drapeau blanc, liissé au-dessus du palais de la reine Hanavalo ii la suite do quelques tirs adroits de mélinite. Jamais peut-être le signe de la Paix ne fui plus joyeusement accueilli par des assiégeants.
Quel sort serait réservé à l'officier en activité qui, jaloux de la gloire de nos armes et uvare des existences de nus petits soldats, peindrait fidèleméat la marche de Majuuga à Tananarivo ? Lors-
^ue le géuéral Trodm dans son « Livre pour El' Année française en 1KC7 npou&sa uu cri sincère f d'alarme, hôlasl si raisonné, a. il scandalisa plus liju'il n'instruisit; les uns ne croyaient pas à la IdécadoQce de nos Forces, les autres mettaient leur Ipatriotîsmcà la cacher. » Serait-ce aujourd'hui un
«rime do trahison d'avouer des lacunes dans sus ■'procédas de conquête coloniale, d'y relever des ■jbrreurs, do les crilitjuer uniiiucincnt pour les cmipècherà nouveau, du moîn» pour les diminuer? Vue crime n'esl-il pas, au conlruiro, dans le silence.
idaus les rôliconccsqui, Ernest Lavisso l'a dit avec iTaJsoo, sont dos mensonges perpétuant les abus et Ijos fautes ? De l'expédition d« Madagascar roffictor ■'seul pourrait parler on toute connaissance do
xause.seul îl doit se taire. Rst-co là le vrai patriul^isme tel ({ue l'entendent certains grands chois Ide l'Armée ? Y aura-l-il donc toujours des arches Isainles auxquelles on ne pourra toucher sans ■sacrilège ; des idées et des systèmes auxquels on |idevra adhérer sous peine de folie, d'extrava^iiee
POU do révolutiommrisme ; des erreurs qu'on i)e%Ta ■admirer et encourager suus prétexte de natioiia- Klisme ; des dogmes menteura cl funestes auxquels ■ on devra se soumettre sous peine d'hérésîo et d'escoiimiuriicationïQuo do lpi;onsd'histnirc n'ont E'pQsencore jiurlô leurs l'ruils, puisque les mêmes tfaîts se reproduisent aussi graves do conséqueu-