‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 101 sur 245 · De betto Vandatico, I, 5. Voir plus haut · texte numérisé non relu

De betto Vandatico, I, 5. Voir plus haut

2. Ibid., 1, 3. Sur les établissements des Vandales et les « sortes Vandalorum », cf. Gaipp, Die Germanisclien Ansicdelunyen und Landlheilunqen in den Provinzen des rômiscken Weslreiches in ilirer Volkerrechllichen Eigenthilmliclikeit und mit Rüclîsiclit auf vcrivandle Erscheinuncjen der allen IVelt und des spatern MUlelattcrs dargestellt, in-8°, Breslau, 1844, p. 205. Tout ce qu’on sait avec assurance sur l’État vandale a été présenté par L. Schmidt, op. cit., p. 160-164; pour les finances, ibid, p. 187 sq.; il faut comparer ce qui a trait à la propriété territoriale avec Schulten, Die rômische Grundherrscliuften, in-8", Weimar, 1896, et lits, Die Domancr dos rômisch. Kaizcrzcit, in-8°, Leipzig, 1896.

anciens, qu’en admettant que les grandes familles romaines de la Proconsulaire restèrent propriétaires de leurs terres ; mais elles furent astreintes à pourvoir chacune à l’entretien d’une famille vandale, en abandonnant à celle-ci une certaine portion du produit de ses biens-fonds. Des précautions furent prises en même temps pour que la quote-part des familles vandales ne fût sujette ni à être diminuée, ni à perdre ses garanties de stabilité par les changements survenant dans l’intérieur des familles romaines. Quant aux terres qui servaient à la nourriture des Romains et des Vandales, c’étaient probablement les premiers qui les faisaient valoir. Toutes les personnes mentionnées par Victor de Vite pour avoir été revêtues dans les grandes maisons vandales, de l’emploi d’intendants ou d'administrateurs de leurs biens, sont d’origine romaine; et Victor de Cartenna raconte que les habitants riches de Maxula furent forcés par les Vandales, à leur entrée dans cette localité, de leur abandonner la troisième partie de leurs esclaves, et la septième partie de leurs bestiaux h 11 se pourrait que, aux yeux des envahisseurs, la condition faite aux vaincus ait paru fort douce; elle ressemblait à une « tenure » alors qu'ils auraient pu se montrer plus exigeants et il devait leur paraître fort naturel de se montrer un peu brutal à l’égard des récalcitrants 1 2.

1. Marcus, op. cil., I, 179 sq. cf., C. Mannert, Géographie der Grieschen und Ilomcr ausilircn Scixriften darcjesteUl, in-80, Nürnberg, 1788, t. X, sect. 11. p. 259.

2. Procopk se contredit lorsqu’il avance que les terres destinées à nourrir les grandes familles vandales et romaines étaient exemptes d’impôt et qu’il ajoute ailleurs que les terres laissées par les Vandales à leurs anciens propriétaires furent tellement grevées qu’on n’en pouvait tirer rien au delà du tribut auquel ou les avait marquées.

Quant aux propriétaires de condition plus modeste dont les biens-fonds furent confisqués purement et simplement lors de la distribution des terres de la Proconsulaire entre les Vandales, ils furent ruinés, mais on peut se demander dans quelle mesure ils n’eurent pas lieu de s’en réjouir, eux que les lois impériales avaient non seulement ruinés au profit du fisc mais auxquels elles avaient enlevé jusqu’à la liberté de refuser ’es charges municipales.

11 semble que malgré des brutalités et des violences impardonnables, les Vandales valurent mieux que leur réputation proverbiale V Ils furent assurément des maîtres sévères jusqu’à la cruauté, mais peut-être les mœurs de l’Empire à l’époque où ils parurent n’étaient-elles pas très éloignées des leurs. Leur infériorité a été de n’avoir pas une littérature à eux, des historiens, des poètes, des rhéteurs préoccupés de relever les moindres bienfaits de leur administration, et on a pris l’habitude de ne maltraiter pas moins leur mémoire que ne le firent les épigrammes, les petits vers et les pamphlets des écrivains byzantins et latins. L’administration impériale fut en partie maintenue et il en résulta une sorte de continuité dans les institutions, seulement la destination des impôts fut changée, ce qui, somme toute, importe assez peu à celui qui les paie, à condition qu’ils ne soient pas notablement augmentés; et ils ne pouvaient guère l’être 1 2. Il semble même qu’il y ait eu un dégrèvement3. C’était une chose trop

1. Kxeinschmidt. Ueber dcn sogenannten Wandalismus ; Program, in-8°, Torgau, 1875.

2. Quand Justinien aura reconquis une partie de l’Afrique, on s’y plaindra du fisc, plus exigeant que ne l’étaient les barbares.

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