Ibid
royaume vandale. Depuis son retour de Rome, Geisericli s’était emparé des parties de l’Afrique qui étaient demeurées à l’empire lors du traité de 442 ; son empire s’étendait maintenant de la Cyrénaïque au détroit de Gibraltar '. Il est probable que les violences dont parle Victor de Vite s’appliquent à toute cette contrée; peut-être aussi, écrivant assez longtemps après les événements, aura-t-il confondu ou groupé à dessein tout ce qui lui était parvenu des persécutions exercées en différents lieux par Geiserich 2. Nous ne pouvons que renvoyer au récit de cette persécution que nous a laissé Victor de Vite 3 4. Quelques faits méritent d’être relevés. Nous voyons des confesseurs de la foi exilés chez une tribu maure y opérer quelques conversions et demander à l’évêque de Rome d’envoyer des prêtres continuer ce qu'ils avaient commencé ’1. Ceci s’accorde bien avec le récit de la persécution de Geiserich, qui n’avait dû épargner que bien peu d’églises. Dans la Zeugitane on se fit livrer les vases sacrés et les livres, les vêtements sacerdotaux furent profanés par les gens du roi qui s’y taillèrent des chemises et des chausses ; un vieil évêque de 80 ans, qui se refusa à faciliter ces
1. Ibid., I, 4. rosi cujus [Valentiniani] morlem lotius Africae ambilum oblinuit, nec non et insu/as maximas, Sardiniam, Siciliam, Corsicam, Ebusum (= Iviça) Majoricam, Minoricam et alias multas.
2. Le sac de Rome fut comme le signal d’incessantes attaques contre les possessions de l’empire : l’Espagne, l’Italie, la Dalmatie, la Campanie, la Calabre, l’Apulie, la Sicile, la Sardaigne, cf. Procope, De bello Vandal., 1,5 ; Victor de Vite, op. cit., 1,17. Ces ravages durèrent jusqu’en 475, date du traité conclu avec Zenon. Procope, De bello J'andal., 1, 7; L. Marcus, op. cit., p. 282-283 et notes, p. 53, date ce traité de 476. D’après la conclusion du 1. I, 17, il semblerait cependant que Victor s’est exclusivement occupé de l’Afrique.