‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 109 sur 245 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

outrages, fut chassé de sa ville n’ayant, dit Victor de Vite, ni abri, ni nourriture. La fête de Pâques tombant au milieu de toutes ces tristesses, les fidèles ne purent se résoudre âne pas la célébrer. A Regia, ils s’enfermèrent dans l’église, non sans que les ariens l’apprissent. Le prêtre de ces hérétiques, nommé Anduit, ameuta les gens de sa secte et les conduisit à l’assaut de l’église. Tandis qu’on essayait de l’effraction, les plus agiles escaladèrent les bas-côtés et, atteignant les fenêtres de la nef, commencèrent de là à tirer leurs flèches sur les fidèles. A ce moment le lecteur, debout au pupitre, chantait l’Alleluia pascal. Une ilèche lui coupa la gorge, laissant tomber le livre qu'il tenait dans ses mains, il s'affaissa et mourut aussitôt. D’autres tombèrent devant et sur les côtés de l’autel ; ceux qu’on épargna alors ne le furent que pour peu de temps, un ordre de Geiserich les fit mettre à mort * .

Pendant l'année 475, Geiserich fit fermer l'église de Carthage, elle n’avait plus d’évêque, on dispersa les prêtres auxquels on attribua des lieux d’exil déterminés, mais l’année suivante, 476, pendant les négociations de paix poursuivies par Sévère au nom de l’empereur Zénon, le roi des Vandales fit rouvrir les églises et rappela dans leurs sièges les évêques exilés Au mois d’août de cette année 476, Geiserich eut une dernière joie, la plus vive peut-être de toute son existence. Il vit l’empire d’Occident disparaître avec Romulus Augustule et l’on peut dire qu’il était au comble de ses désirs et de la gloire quand,

Page 1