‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 119 sur 245 · Labbe, Concilia (édit. 1671),' t. IV, Concil. ann · texte numérisé non relu

Labbe, Concilia (édit. 1671),' t. IV, Concil. ann

L APRIQUE CHRÉTIENNE. — II.

clergé, celle-ci se montra plus que bienveillante pour l’armée libératrice de Bélisaire l. Procope nous apprend que la seule nouvelle de l’expédition byzantine amena le soulèvement de la Tripolitaine qui, à l’appel de l’un des chefs de l’aristocratie locale, se donna à l’empereur, sans qu’il fût au pouvoir de Gélimer de rien faire pour s’y opposer. « Dans le reste du pays une sourde agitation régnait : on se contait, sous le manteau, des prophéties et des visions mystérieuses, annonçant que les temps étaient proches où les grands saints de l’Eglise africaine viendraient eux-mêmes punir les insultes faites à leurs sanctuaires; et tous, dit Procope, attendaient impatiemment l’accomplissement de la vengeance promise 2.» Si on ne pouvait compter positivement sur l’alliance des tribus berbères, on savait qu’avec quelque habileté on pourrait se procurer leur neutralité, sauf à les avoir pour ennemies du jour où l’on aurait supplanté les maîtres actuels du territoire.

Le 22 juin de l’année 533, l’expédition mit à la voile pour quitter Constantinople; elle comptait 10.000 hommes de pied et 5 à 6.000 cavaliers, tous choisis dans l’élite de l’armée, sous le commandement du premier homme de guerre de ce temps, Bélisaire. Cinq cents transports, manœuvrés par 20.000 hommes, portaient l’armée, et une escadre de 92 vaisseaux de guerre montés par 2.000 rameurs convoyait l’expédition.

Vers la mi-septembre, on mouilla sur la côte d’Afrique, à Caput-Vada, et le 13 septembre 533 3, veille

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