C. Diehl, op. cit., p. 10 sq
3. Papencordt, Gescliiclite der Vandalen Hersdiaft in Africa, in-8°, Berlin, 1837, p. 152, note 1.
de la fête de saint Cyprien, fut livrée la bataille de Decimum qui décida du sort de l’Afrique. Bélisaire, sans s’attarder à la poursuite de Gélimer qui fuyait par la route de Numidie, marcha droit sur Carthage. On y vit apparaître en même temps les têtes de colonnes de l’armée de terre et la flotte byzantine qui, après avoir doublé le promontoire d’Hermès, entrait dans le golfe de Tunis. La ville ne pouvait se défendre, elle n’y songeait même pas, impatiente d’accueillir le vainqueur. Bélisaire, comprenant que l’attitude de la population valait plus qu’une armée, avait imposé à toutes les troupes une discipline sévère, bien faite pour se concilier un peuple foulé depuis un siècle. Dès le débarquement, cette conduite avait porté ses fruits : à Sullectum, c’était le clergé et l’aristocratie locale qui avaient fait accueil à l’armée; à mesure qu’on se rapprochait de la capitale, les Romains d’Afrique se chargeaient, sous les yeux de leurs maîtres vandales, du ravitaillement de l’armée de Bélisaire. « Celui-ci, ditProcope, s’étaitsi fort concilié les Africains par sa douceur et son honnêteté qu’il semblait, durant toute la route, qu’on marchât en pays ami ; les habitants ne s’enfuyaient point à l’approche des troupes, ils ne cachaient point ce qu’ils possédaient, au contraire, ils apportaient des vivres, fournissaient à discrétion aux soldats tout ce qu’ils souhaitaient L » L’occupation de Carthage parut un prodige aux habitants. Bélisaire maintint si bien ses soldats dans le devoir qu’on ne constata aucune menace, aucun acte de violence, et que la vie habituelle de la cité poursuivit son cours sans être troublée : dans cette ville prise, qui venait de changer de régime