‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 125 sur 245 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

5. C. Diehr, op. cit., p. 35-36; cf. S. Gseli, et Graillot, clans les Mét. d’arch. et d'hist., 1893, t. XIII, p. 473 sq.; 1894, t. XIV, p. 44. Solomon conduisit deux expéditions dans l’Aurès et, à la seconde fois, il laissa des garnisons. Toutefois les Byzantins finirent par renoncer à contenir les peuplades de ce massif dans la soumission, ils se contentèrent d’établir un vaste camp retranché tourné vers le sud. Une ligne de forts et de postes de surveillance fut établie de Mascula à Thamugadi ; elle couvrait les importantes forteresses de Ilenchir-Guessis et de Bagaï. H. Fourn'el, Les Bcrbers, p. 91, démontre par un fait irrécusable « à quel point les possessions vandales étaient réduites au moment de l’expédition byzantine ». Dans sa Richesse minérale de t'Alqérie, in-4°. Paris, 1849, p. 31, il avait déjà identifié le mons Pappua avec le massif de VEdouqh. Il y est revenu, et a reconnu que Gélimer réfugié chez une tribu amie fut comme bloqué pendant tout un hiver et réduit finalement à se livrer à l’ennemi parce qu’ « il se trouvait à l’extrême limite des possessions réelles des Vandales; évidemment il ne pouvait faire un pas vers l’ouest sans tomber au milieu de tribus hostiles, et il n’avait que le choix des ennemis auxquels il se livrerait ». En effet, s’il n’en eût pas été ainsi, Bélisaire eût été bien ignorant de la topographie du mons Pappua « pour avoir chargé un officier avec une petite troupe de cerner le fugitif, car pour celui qui a parcouru en tous sens le massif de l’Edough, qui connaît son étendue vers l’Ouest, les vallées par lesquelles il est découpé, les nombreuses anses qui forment comme autaut de mouillages au pied de son versant septentrional, la vaste plaine qui l’enveloppe au

Ce qui suivit la conquête byzantine fut moins odieux et moins arbitraire que ce qui s’était vu après la conquête vandale et, si l’on tient compte de l’époque et de la difficulté de la situation créée au vainqueur, on ne pourra s’empêcher de lui reconnaître quelque modération. Tout d’abord les Vandales disparurent en tant que nation. Tous ceux d’entre eux qui s’étaient soumis eurent la vie sauve, on les envoya à Constantinople d’où on les achemina sur la frontière de Perse; les prisonniers de la bataille de Tricamarum furent réduits en esclavage ; quant aux femmes et aux lilles, elles furent réparties entre les vainqueurs qui en épousèrent un grand nombre. Les individus ainsi supprimés, les propriétés n’attendaient que la confiscation. Le domaine royal fut attribué à l’empereur,

Sud-Ouest, et par suite toutes les facilités qu’il offre à une évasion et au commode approvisionnement d'une famille », il ne peut faire de doute que Gélimer ail été acculé à ses frontières. Sur l'Edough, cf. Tissot, Géocjr. comp., t. I, p. 36; t. Il, p. 785; De Poüdrayguin, dans le Hcc. de Constantine, 1898, t. XXXII, p. 153 sq. Les Djedar, situés sur la commune limite du Sersou, des Hauts-l'lateaux et du Tell, au S.-S.-O de Tiaret et au N.-E. de Freuda, sont, à ce qu'il paraît, « les tombeaux d'une dynastie catholique indigène, puissante dans la Maurétanie Césarienne vers le vc et le vt» siècle. On ne saurait fixer l’époque de son avènement ni de sa chute. Elle a pu, vassale des Romains, régner avant l’invasion vandale, et, alliée des Byzantins, durer jusqu'à la venue des Arabes. Les Djedar auront été bâtis successivement pendant cette période. Deux princes mentionnés par Procope sont très probablement de cette famille, Mephanias et son fils Masionas. Ce dernier est vraisemblablement le même qu’un Massuna connu d’autre part. C’est tout ce que j’ose conclure. Mais c’est beaucoup d’avoir pu entrevoir dans la Maurétanie Césarienne un grand îlot catholique et romain entre les Vandales ariens et les nomades païens de Gétulie ». R. de La Blanchère, Voyage d’étude dans une partie de la Maurétanie Césarienne , dans les Archives des Miss, scientif ., 3e série, t. X, 1883, p. 99. 11 faut rapprocher ce fait de cet autre, à savoir que pendant une période de temps qui ne s’étend pas au delà de 455, le pape Léon Ier prit la direction des Églises de Maurétanie, cf. S. Léon, Epist. XII, ad episc. Mauret., et y introduisit le comput romain de 447, cf. L. Duchesne, Note sur une inscription maurétanienne de l'année 480, dans le Huit, du Comité, 1892, p. 314-316.

les anciens propriétaires spoliés furent admis à faire revivre leurs droits 1 . On ne voit pas quelle raison on eût pu avoir de le leur interdire, puisque les Empereurs eux-mêmes avaient toujours gardé l’espoir de revendiquer la province. Les Églises furent autorisées comme les individus à établir leurs droits 2 , toutefois on marqua une limite de prescription pour toutes les usurpations remontant à la troisième génération3. Il n’est pas possible que de pareilles mesures n’entraînent à quelques rigueurs, toutefois il semble que si les restes des Vandales furent l’objet d’un traitement sévère, ils l’avaient provoqué non à titre de revanche, mais à titre de châtiment. La mesure avec laquelle Geiserich et Justinien réglèrent réciproquement leur conduite à l’égard des vaincus a été définie par eux-mêmes. A un groupe de notables et d’évêques qui réclamaient la liberté du culte pour les sujets catholiques, Geiserich avait fait répondre : « J’ai résolu votre disparition. » Justinien, laisse du moins la vie, « attendu, dit-il en parlant des Vandales ariens, que c’est bien assez pour eux de vivre2 ». Ceci peut paraître dur, mais « ces brusqueries, ces duretés, qui choquent à si bon droit, chez l’empereur chrétien, étaient une partie de sa force. Bien élevé, poli, modeste, il n’eût pas réussi3 ». A ce régime, les Vandales durèrent peu, presque aussitôt après leur défaite ils disparurént sans presque laisser de traces ’ .

Ceci était le beau côté, il y avait un revers. Tout un monde de convoitises, de rancunes, de calomnies sortait, comme sortent les miasmes de la vase remuée,

î. Novelle XXXVI.

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