‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 126 sur 245 · Novelle XXXVII · texte numérisé non relu

Novelle XXXVII

3. Cf. Renan, Hist. du peuple d'Israël, in-8°, Paris, 1887, t. I, p. xn.

U. Cf. Diehl, op. cit., p. 38, pour les derniers vestiges.

de ce retour dans le passé. C’était l’évocation de toutes les vilenies, les imputations les plus justes et les plus fausses. Contrairement à ce qui s’est vu à une époque plus récente, le vainqueur ne consentait pas à coucher dans le lit du vaincu, Justinien prétendait abolir un siècle d’histoire; une ère nouvelle recommençait comme pour permettre de mieux effacer les quatre-ving’t-quinze années de la persécution et du royaume vandale"1. Une pragmatique sanction promulguée en 534, autorisait les Africains à revendiquer, pendant un délai de cinq années, toutes les terres qui leur avaient été injustement enlevées2. En même temps, et pour ne rien faire à demi, on rétablissait tous les impôts jadis établis sur l’Afrique romaine ; immédiatement des agents de finances s’occupèrent à dresser le rôle des contributions « et ces charges, dit Procope, parurent aux Africains fort pesantes et intolérables 3 ». L’intolérance religieuse, et l’empressement peut-être trop marqué que mit le clergé ca-

1. Une épitaphe d’Hippoue donne lieu de penser qu’on essaya d'introduire une ère dont la supputation partirait de l’année 5.3a. Cf. Dureai: de la Malle, cité par Hase, dans le Journal des Savants, 1837, p. 703; L. Renier, dans la Revue archéot., 1850, t. Vlll, p. 372 ; Le Même, Recueil des inscript, rom. de L’Algérie , in-fol., Paris, 1855, n. 2895; C. I. L., n. 5262. 11 y a lieu de rapprocher cette nouvelle ère de celle d'une pierre de Lepti Minus dans laquelle la supputation, suivant Mommsen, dans Ephemeris epigraphica, t. V, n. 1166, se rapporterait à l’année 20° d’un règne dont l’éponyme serait Valentinien III, ce qui nous reporte en 052. Valentinien a été en effet le dernier empereur maître de l’Afrique, cf. Héron de Villefosse, dans les Comptes rendus de i Acad, des inscript., 1883, p. 189; R. Cagnat, IIIe Rapport , dans les Archiv. des miss, scicntif., 1885, t. XII, p. 113, n. 6; O. d’Espina, dans la Revue africaine, 1885, t. XXIX, p. 377, n. 3; C. I. L., n. 11128. Les monnaies frappées à Carthage après la bataille de Decimum adoptent une chronologie basée sur l’année 530 comme point de départ, cf. Sabatier, Description générale des monnaies byzantines, in-8°, Paris, 1862, t, I, p. 190.

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