C. Dieul, L'Afrique byzantine, p. 422 sq
2. H. Saladin, Rapport, dans les Archiv. des miss, scient., 1887, 3° série, t. MH, p. 206-207. Sur cette basilique de Dar-el-kous, cf. Comptes rendus de t’Acad. des inscr., 1896, p. 588; Giudicelli, Fouilles pratiquées dans la basilique de Dar-cl-Kous, au Kef, in-8°, Tunis, 1897 ; P. Calculer, L'arcliéol. de la Tunisie, p. 49; Revue générale des sciences, 30 novembre 1896, p. 967 ; II. Salauiv, dans les Aouv. arcliiv. des miss, scient., t. Il, p. 556-558; C. Diehl, op. cil., p. 422 sq. Cf. S. Gsell, Édifices chrétiens d'Ammacdera, dans Atli del II ° congresso inlernazionale di arch. crist., in-4°, Roma, 1902, p. 231 : Basilique n° III. Ou pourrait pousser plus loin cette énumération; nous nous bornerons à indiquer une source qui semble devoir marquer une nouvelle direction de recherches. Nous voulons parler des vestiges d'édi lices chrétiens reconnaissables dans les constructions arabes. Sur cette question, cf. R. Basset, Les sanctuaires du Djcbel-Néfousa, dans le Journal asiatique, 1899, IXe série, t. XIII, p. 423 sq.; t. XIV, p. 88-120; cf. S. Gsell, Chronique archéol. africaine, dans les Mél. d'arch. et d'hist., 1900, t. XX, p. 110 ; H. Leclercq, dans D. Cabrol, Dict. d’arch. et de liturgie, 1. 1, col. 680 sq.
3. Dict. d'arch., 1. 1, col. 726 sq., nous avons essayé de résumer dans ce paragraphe ce qu’il y a d’essentiel sur les carreaux de terre-cuite; nous y renvoyons, ainsi que pour les spécimens et la bibliographie du sujet.
gnages, que la protection accordée par Justinien à l’Eglise d’Afrique eût désarmé toutes les oppositions et les convoitises. L’Afrique ne fut pas si complètement dépourvue d’écrivains que nous dussions ignorer les événements de son existence pendant la réaction byzantine, mais il semble qu’après le superbe effort de génie de saint Augustin la décadence se poursuivait lente et sûre tellement que les générations ne se distinguent plus les unes des autres que par leur médiocrité croissante.
Après Dracontius, la poésie est réduite à Corippus, qui n’est plus qu’un centoniste avisé, au courant du métier et doué de mémoire et de goût. Dans l’Eglise, nous rencontrons quelques théologiens plus diserts que profonds. Fulgence, Ferrand, diacre de Carthage (*}* avant 546), jouit d’une sorte de célébrité qu’on a peine à s’expliquer par la lecture de ses écrits. Le plus connu et le plus utile de ceux-ci est un recueil canonique « Breviatio canonum », la première collection systématique que l’Afrique ait vue L L’auteur y emprunte ses textes à la Versio Hispana des conciles grecs, et aux conciles d’Afrique, dont quelques-uns ne nous sont pas autrement connus. Ces textes sont rangés méthodiquement sous 232 titres traitant de l’évêque (c. 1-84), du prêtre (c. 85-103), du diacre (c. 104-120), des clercs en général (c. 121-142), des conciles (c. 143-165), de la procédure et notamment de la procédure contre les hérétiques, les juifs, les païens (c. 165-198), du baptême (c. 199-205), du
1. Analyse détaillée, description des manuscrits et des éditions, dans F. Maassen, Geschichte der Quellen and der Literalur des canonischen Jleclds im Abendlande bis zum Ausgcinge des Mittelalters , in-8°, G rat/., 1870, t. I, p. 799-802; P. L., t. LXVII, LXVI1I. Les œuvres théologiques se trouvent indiquées par O. Bardeniievver. Palroloç/ic, in-80, Freiburg, 1894, p. 570.
carême (c. 206-210), et enfin se lisent quelques prescriptions sur divers sujets (c. 211-232). Parmi les évêques, on rencontre Facundus d’Hermiane, bon théologien, écrivain virulent et d’une lecture fatigante Primasius d’Hadrumète a pris parti dans l’affaire célèbre des Trois Chapitres que nous aurons à raconter, instruit, curieux et appliqué, ne concevant pas les choses sous l’aspect de la brièveté et bornant son goût à choisir ce qui lui semblait excellent dans l’œuvre d’autrui 1 2; chez lui le caractère vaut mieux que la formation littéraire; il paraît avoir provoqué les Instituta regularia divinae legis de Junilius, africain de naissance, mais établi à Constantinople avec la charge de quaestor sacri palatii et appartenant à peine à l’Afrique 3 4. Verecundus de Junca, dans la Byzacène, semble avoir été, au jugement d’un contemporain, un homme fort pieux et fort versé dans les Ecritures 5, il était moins avancé comme littérateur et comme versificateur 3. Un diacre de Carthage, Liberatus, a laissé sur l’affaire des Trois Chapitres
1. A.Douroklonskji, L’ouvrage de Facundus, évêque d’ Hermiane, Pro dcfensionc Trium Capilulorum, in-8°, Moscou, 1880 (en russe). Cf. A. Harnack, dans Theologische Lileralurzeilung, 18 déc. 1880, col. 632-635.
2. J. Haussleiter, Lebcn und H'erke des Bischofs Primasius von Hadrumetum, iu-8’, ErJangen, 1887. Le Même, Die lateinische Apokalgpse der allen afrikanischen Kirclie, dans Forscliungcn zur Gesch. des neutestamentl. Kanons und der altkirchl. Lileralur, in-8°, Erlaugen, 1891, p. 1-224.
3. H. kniN, Tlieodor von Mopsueslia und Junilius Africanus als Exegelen, iu-8°, Freiburg, 1880; A. Rahlfs, Lelirer und Schiller bei Junilius Africanus, dans les Naclirichten von der k. Gcsellschaft der IVissenschaften und der Georg-Augusts-Universitdt zu Gôltingm, 1891, p. 242-246.
4. P. L., t. LXIX, col. 116; S. Isidore, De viris illustribus, 7.
5. Manitiüs, Gescliichte der christliche-lateinische Poésie, in-8°, Slullgart, 1891, p. 403 sq.; L. Vernier, La versification latine populaire en Afrique : Commodicnet Verecundus, dans la Revue de Philologie, 1891, t. \V, p. 14, 117-130; O. Bardenheiveu, Patrologie, 1894, p. 596.
un Breviarium dans lequel se trouve ramassée toute l’histoire du nestorianisme et du monophysisme depuis le sacre de Nestorius, en 428, jusqu’au concile de Constantinople en 553. Un autre chroniqueur, Victor, évêque de Tunnunum ou Tunnuna, se laissa détourner de son dessein qui était d’écrire une Chronique universelle par l’intérêt passionnant des affaires d’Afrique qui l’ont absorbé entièrement; son ouvrage trahit visiblement l’imitation de saint Prosper ; citons encore Cresconius à qui on doit un recueil de canons et de décrétales Nous en pourrions ajouter « bien d’autres, tous prélats instruits, ayant, chose déjà rare dans l’Occident au vie siècle, une connaissance assez approfondie du grec, et qui joignent à ces mérites littéraires, d’autres qualités plus rares encore dans une partie de l’Eglise du temps, — une fermeté de caractère, une inflexibilité de doctrine, un courage digne d’estime à résister aux volontés de l’empereur 1 2 ».
Car un jour vint, et qui ne se fit pas longtemps attendre, où cette résistance s’imposa. On sait que, pour un ensemble de causes dont le détail n’appartient pas à notre sujet 3, l’Église chrétienne avait laissé prendre sur elle une autorité qui ne fut presque jamais sans inconvénients graves, soit qu’elle fût exercée par des hommes distingués mais despotiques comme Constantin, Théodose, Justinien, soit qu’elle reposât entre les mains d’esprits débiles et corrompus comme Constance, Valens, Honorius.
1. F. Maassen, op. cit., p. 806-813; A. Tardif, Histoire des sources du droit canonique, in-8°, Paris, 1881, p. 110.