C. Oiehl, L’Afrique byzantine, p. 032 sq
3. Cf. Gasquet, De l'autorité impériale en matière de religion, in-8°, Paris, 1879.
Vers l’année 544, l’empereur Justinien promulgua un édit portant condamnation de trois textes ecclésiastiques jadis approuvés par le concile de Chalcédoine L Dans la pensée de l’évèque de Césarée, Théodore Askidas, qui avait obtenu cette condamnation, il s’agissait de créer une diversion immédiate à d’autres polémiques théologiques. Justinien, dans son édit, se défendait expressément de vouloir rien entreprendre contre le quatrième concile général. La souscription des évêques donnerait seule à l’édit l’autorité d’un jugement émané de l’Église universelle. On s’adressa donc aux patriarches à qui l’on demanda de signer la condamnation des Trois Chapitres 1 2. Ceux-ci soulevèrent quelques objections; il fallut y répondre, les tranquilliser, ce qui n’était pas facile. Ils avaient pleine confiance dans l’orthodoxie de l’empereur, mais il n’en était pas de même pour Askidas. Ce qu’ils pensaient, ils crurent pouvoir le dire et les évêques de Constantinople, d’Antioche, de Jérusalem, d’Alexandrie, de Carthage, pour une fois s’entendirent. « Mais les ordres de l’empereur étaient précis et, les menaces les suivant à peu de distance, les scrupules qui s’étaient aventurés sur les lèvres remontèrent vite jusqu’au fond des consciences. Les quatre patriarches grecs s’exécutèrent l’un après l’autre 3. » L’immense majorité des évêques suivit ses chefs.
L’Occident fit meilleure contenance et refusa tout net. L’édit avait été envoyé à Carthage. « Les Afri-
1. Ces articles étaient : l°la personne et les écrits de Théodore de Mopsueste ; 2° les écrits de Théodoret, de Cyr, contre saint Cyrille ; 3° la lettre d'ILtas à Maris.
2. L. Duchesn’E, Vigile et Pelage, dans la Revue des Quest. hist., 1884, t. XXXVI, p. 395 sq.