Labbe, t. V, col
3. P. L., t. LX1X, col. 113; cf. L. Duchesxe, op. cit., p. 420.
même, ou plutôt il songea, sitôt la dernière session (2 juin), à régler avec ces obstinés les arriérés de son mécontentement à leur égard. « Parmi les dissidents, rapporte Liberatus, diacre de Carthage, les uns furent déposés et exilés ; les autres, réduits à se cacher, moururent dans la misère » Justinien se prodigua dès qu’il s’agit des Africains dont la clairvoyance et la vaillance lui avaient infligé le seul échec qu’il eût reçu pendant tout le cours de la discussion. Primasius fut interné au couvent de Stoudion1 2 ; le diacre Liberatus fut envoyé rejoindre à Euchaïta son ancien évêque Reparatus ; l’abbé de Gillitanus, Félix, toujours intraitable et plus remuant que jamais, fut exilé en Thébaïde avec le diacre Rusticus et plusieurs autres 3.
« Des ordres sévères, écrit M. Diehl, furent donnés pour venir à bout de l’Afrique : dès avant la fin du concile, Firmus de Tipasa avait été renvoyé dans sa province, probablement pour lui arracher la soumission tant souhaitée; mais il était mort misérablement pendant la traversée, et sa fin avait paru une punition du ciel à tous les défenseurs de l’orthodoxie 4. Aussi les Africains s’entêtaient dans l’opposition; soutenus par les exhortations que du fond de leurs retraites ou de leurs prisons leur adressaient les victimes du despotisme impérial, ils refusaient d’obéir au concile ; le pape avait beau céder et par un second Constitutum (févr. 554) adhérer aux décisions de l’assemblée, l’Afrique répondait à cette faiblesse