‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 185 sur 245 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

ainsi que s’affirmait l’indépendance et la prépotence ecclésiastique. Il se trouva que le rôle que les circonstances préparaient à qui saurait le prendre ne se trouva pas disproportionné à la taille du grand pape. L’épiscopat d’Afrique était devenu si médiocre vers ce temps qu’il se tournaitcomme instinctivement vers l’évêque de Rome, de même que jadis il s’adressait au métropolitain de Carthage. Grégoire recevait les plaintes et faisait la police. « Tantôt il réprimandait directement le gouverneur coupable 1 ; plus souvent il s’adressait au chef hiérarchique du personnage, se plaignant des praesides au préfet2, des ducs à l’exarque 3, d’eux tous à l’empereur b Parlant tout ensemble au nom de la loi et de la religion, il distribuait, suivant les cas, l’éloge ou le blâme, promettant au duc de Sardaigne de rendre à Constantinople bon témoignage de sa conduite 5, dénonçant au prince les calomnies du patrice Gennadius ü. De ce droit de contrôle à une intervention directe dans les affaires proprement administratives, il n’y avait qu’un pas; les nécessités d’une époque pleine de troubles amenèrent souvent Grégoire à le franchir. Pour sauver ce peuple chrétien dont le salut spirituel et temporel lui est commis, le pape avertit l’exarque des dangers qui menacent ses provinces, et lui suggère les mesures — même celles d’ordre militaire — qui pourront écarter ce péril 7. Par ses ordres, l’évêque de Caralis veille à l’approvisionnement de la ville, à

î. Ibid., i, ao.

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