Ibid., I, 72; IV
putes religieuses1, de veiller à la résidence des évêques 2 et à la régularité des choix épiscopaux3 4, c’est toujours prérogatives du patrice. Toutes ces choses nous semblent excessives, mais le pape ne s’en étonne pas, car il reconnaît au chef de l’administration civile le droit de s'immiscer dans les affaires ecclésiastiques b II y a toutefois une mesure et c’est ici que les difficultés commencent pour ne plus finir entre le pape et son primat casqué. Il est douteux, en effet, que les qualités assignées à ce personnage se rencontrent au degré où on les réclame de lui. Le premier souci de l'exarque devra être la crainte de Dieu 5; il devra ensuite se rappeler sans cesse que sa charge l’a établi protecteur-né de la religion et qu’il lui incombe d’étendre son domaine au dehors tandis qu’il le défend au dedans contre les envahissements de l’hérésie 6. Il faut lire dans la correspondance de saint Grégoire cet idéal du chef d’Etat qui n’a que le défaut de ne pouvoir sortir de l’idéal, non qu’il soit pure fantaisie mais parce qu'il est trop excellent et qu’à ce titre il appartient à la galerie de ces Salentes où, de Méliton à Fénelon, aboutit plus d’une fois un rêve épiscopal.
Plus le patrice était arrogant, plus le pape se fit intraitable. L’affaire de l’évêque Paul de Numidie leur donna l’occasion de se mesurer. Ce fut à qui ferait assaut de hardiesse. Pour finir, le pape l’emporta. Il avait revendiqué l’affaire pour lui seul et écarté toute juridiction civile, toute intervention administrative. C’est