H. Fodrnel, Les Berbères, t. I, p
ser plus loin ses avantages, et il fallut l’ordre formel du khalife Omar pour empêcher le général vainqueur de s’engager dans « le lointain et perfide Maghreb » h Mais après la mort d’Omar (644), son successeur Othman ne crut point nécessaire d’avoir tant de sagesse; en 647, il autorisa Abdallah ibn Saad, qui gouvernait l’Egypte, à aller avec une armée de 20.000 hommes attaquer l’Afrique byzantine1 2. »
Grégoire avec les Grecs et les auxiliaires berbères se porta en avant de Sufetula et livra bataille dans la plaine de Sbeitla. Il fut vaincu et tué. Sa mort livrait l'Afrique aux Arabes qui assiégèrent, prirent et pillèrent Sufetula, le sud de la Byzacène, la région de Gafsa et les oasis du Djerid, mais ils furent arrêtés du côté du nord par la ligne de places fortes dans laquelle les Grecs s’étaient retranchés. On acheta la retraite des envahisseurs en leur payant une somme considérable. Ceux-ci retournèrent en Egypte « sans laisser de gouverneur, dit Abd-el-Hakem, et sans établir de Cairewcin 3 ». C’était donc une simple razzia.
Cette invasion avait été comme une révélation de la terre promise aux pillards arabes. On croit s’apercevoir que, depuis les événements de 647, la sécurité redevint à peu près aussi précaire qu’un siècle auparavant. Dès ce moment commence un mouvement d’émigration qui va conduire en Espagne et en Italie les populations sobres et laborieuses, moines et gens des campagnes, dont la présence sur le sol africain