‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 229 sur 245 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. C. I. L., n. 6. En outre, on organise ou on fortifie la ligne de défense sur cette frontière, C. I. L., n. 1, 2.

G. C. I. L., n. 9366 (anno 209/211); n. 9371 (anno 210).

7. C. I. L., n. 9G63. Cf. Mommsen, Itômisclic Gesckichte, in-8°, Berlin, 1885, t. V, p. 639, note 3, trad. franç., t. XI, p. 378, note 1.

8. R. Cagnat, op. cil., p. 55 sq. Cf. G. Boissière, Esquisse d une histoire de la conquête du nord de l’Afrique, p. 431 sq.

9. C. I. L., n. 2615. Cf. Cichorius, Garijilius Marlialis und die Maurenkriege unter Gallienus, dans Leiptiger Studien, 1887, p. 319 sq.

APPENDICES. 367

chant à forcer les lignes romaines pour butiner et regagner ensuite le désert ; si la région montagneuse qu’habitaient les populations insurgées n’était pas absolument soumise, du moins était-elle située en plein pays conquis et par conséquent étroitement surveillée. Si donc une prise d’armes aussi importante que celle de 258/260 a pu se produire, c’est qu’il y avait quelque cause grave à ces événements. On a fait remarquer1 qu’elle coïncidait avec la persécution de Valérien dont beaucoup de victimes eurent à souffrir en Afrique. Il n’est pas impossible que le mécontentement des chrétiens ait trouvé un écho chez les populations de la montagne toujours prêtes à lever la tête 2. Pendant trente années environ il n’est plus question de révoltes, sauf, en 283, une courte expédition contre les tribus de l’Aurès3, mais en 289 com-

1. Ragot, dans le Iiec.de Constantine, t. XVII, p. 210; R. Cagnat, op. cit., p. 58; Pallu de Lessert, Fastes de la Numidie, p. 154, est d’un sentiment opposé. Nous ne saurions dire positivement si un groupe chrétien fit appel aux envahisseurs ou même s'il fit alliance avec eux, ce qui est certain c’est que des fidèles envisageaient le triomphe ou du moins l'intervention des peuplades africaines comme une promesse de répit pour les Églises persécutées. Cf. Ruinart, Acta sincera, 1689, p. 231. Passio ss. Jacobi, Mariant, etc. : « lin grand nombre de condamnés, malgré le bandeau qui leur dérobait l’éclat du jour, racontaient à ceux qui les entouraient les choses merveilleuses qu’ils croyaient voir; ils parlaient de cavaliers blancs montés sur des chevaux blancs. D'autres martyrs entendaient le hennissement de ces chevaux elle bruit de leurs sabots. Marien, rempli de l’esprit des prophètes, annonçait sans hésitation que le jour était proche oü le sang des justes allait être vengé. » Rapprochons de ce fait un autre également rapporté dans un récit hagiographique. La Passio sancti Tipasii veterani, U, 5, nous apprend qu’en l’année 303, date de l'édit de persécution de Dioclétien et de la pacification de l’Afrique, on rappela au service les vétérans qui furent versés dans leurs anciens corps, et cet ordre, d’après l’hagiographe, accompagnait celui qui ordonnait la poursuite des chrétiens. Peut-être craignait-on de voir le pays se soulever à l’occasion de la persécution. D’après R. Cagnat, op.cit., p. 72, la trahison de deux corps auxiliaires, les Constantiniani pediles et les équités cohortis IV Saijittariorum, appartenant à l’armée d’Afrique et recrutés parmi les indigènes qui passèrent en 372 au parti de Firmus, doit être attribuée à des motifs religieux.

Page 1