II. Leclercq, op. cit., t. I, col
L’AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE.
Les bouleversements que les guerres etles invasions ont infligés à l’Afrique expliquent la rareté des fresques et peintures qu’on a pu y retrouver et leur état déplorable. Ce n’est qu’en 1895 que l’on découvrit une fresque chrétienne, dans le style des ouvrages des catacombes, sur les parois d’une chapelle souterraine sur le flanc sud-est de la colline de Saint- Louis, à Carthage. Sous l’arcade du fond de la salle rectangulaire, « on voit l’image d’un saint dont la tête est nimbée. Ce personnage paraît être un évêque. Il est vêtu d’une tunique blanche, orné du clavus de couleur brune et de calliculae. Il porte de plus un manteau brun. La main droite semble bénir. A sa droite il y a trace de trois autres personnages. Le plus rapproché du saint était à peu près de même grandeur. Les mains paraissent jointes. Le bras gauche qui se voit dans cette fresque est orné de bracelets. Les deux dernières figures sont beaucoup plus petites. L’une paraît représenter un fidèle qui porte de la main droite un objet double comme les lames de ciseaux, l’autre semble être un ange. Cette peinture murale paraît romaine et non byzantine 1 ».
A Périgotville, l’ancienne Satafis, on a constaté l’existence de fresques sur les parois d’une église en ruines. Elles représentaient de larges feuilles de vigne rouges et brunes sur fond noir et blanc 2. A
1. A. L. Delattre, Lettre du 29 avril 1895 à Enrico Stevenson, Ipoçjco con affresclii sacri scoperto a Car tagine ( Africa ) dans le IVuovo bull, di arcli. cris I., 1895, p. 116 sq. ; A. L. Delattre, L'antique chapelle souterraine de la colline de Saint-Louis, in-8°, Paris, 1896.
2. Vincent, dans la Revue africaine, 1877, t. XXI, p. 320 sq. ; Poulle, dans le Rec. de Constantine, 1876-1877, t. XVIII, p. 57'-i-575; S. Gseli., Satafis ( Périgotville ) et Thamallci ( Tocqueville ). dans les Mél. d’arclt. et d’Iiisl., 1895, t. XV, p. 38-01, lig. 1 ; S. Gsell, Les monum. ant., t. II,
l’Afrique chrétienne. — n.
droite de l’entrée on voit quelques traces à peine distinctes de peintures anciennes. On a trouvé en outre des traces de peintures dans un hypogée à Tipasa Saint Augustin signale une peinture représentant la mort de saint Etienne, mais on ignore si elle se trouvait à Ilippone 1 2. Il mentionne encore une peinture représentant le Christ et ses apôtres 3 * 5 6 et une autre rappelant le sacrifice d’ Abraham h
E. Le Blant3 et J. Quicherat 0 jugent qu’un certain nombre de compositions métriques gravées sur le marbre ou sur le bronze ornaient les murs des églises en même temps qu’elles instruisaient les fidèles. Cet usage fut très répandu en Gaule où l’on empruntait es inscriptions des oratoires célèbres, ou bien encore on s’adressait aux versificateurs à la mode, tels que Fortunat, Paulin de Noie, Sidoine Apollinaire. Les Africains montrèrent du goût eux aussi pour ce genre d’ornementation. Possidius de Calame nous dit que saint Augustin avait fait graver le distique que nous avons cité plus haut dans la salle à manger de sa maison 7.
Mais c’est surtout dans les églises que ces inscriptions murales doivent s’être multipliées ainsi
1. P. Gavault, dans la Revue africaine. 1S83, t. XXVII, p. 321 sq.