Ibid
h. Epist. X; cf. Scrmo CCCLV, les trois amis avaient grand soin de qualifier leur maison de « monastère ».
5. Tillemont, Mém. pour servir à l’hist. eccl ., t. Mil, p. 127.
que la vie monastique fut introduite en Afrique.
Ce premier noyau de confrères grossit peu à peu. Nébridius mourut prématurément au moment où il allait venir rejoindre son ami, mais d’autres novices, dont les noms et le nombre ne nous sont pas connus, obligèrent Augustin, après trois années passées dans la maison paternelle, à chercher en quel lieu il pourrait fonder son nouveau monastère. Une circonstance fortuite en décida. On sait ce qu’à cette époque les élections épiscopales pouvaient réserver de surprise, Augustin n’ignorait pas comment son maître saint Ambroise avait été appelé à gouverner l’Eglise de Milan *, et voulant éviter une semblable aventure, il évitait d’entrer dans les villes que la mort avait privées de leur évêque 1 2. Ayant été mandé à Hippone par un de ses amis qui paraissait prêt à adopter la vie monastique, Augustin s’y rendit. Or, il se trouva que l’évêque d’Ilippone devenu vieux et las voulait prendre un coadjuteur. Les fidèles, qui peut-être trouvaient qu’il en avait grand besoin, se prêtèrent à son désir. Connaissant la présence d’Augustin dans la ville, on s’assura de sa personne et on le mena à l’évêque avec force acclamations, demandant qu’il lui imposât les mains. Augustin s’en défendait de son mieux, mais le peuple, qui croit peu à la vraie modestie, interprétait sa résistance du dépit qu’il éprouvait de ne recevoir que la prêtrise : « Vous méritez mieux, c’est vrai, lui disait-on, mais prenez donc patience, la prêtrise est proche voisine de l’é-
1. Tiiéodohet, llist. ccd., IV, 7. Ces élections épiscopales n’ont jamais été, à notre connaissance, utilisées dans les études de psychologie sociale. Elles eussent pu être utilement consultées par M. G. Tarde, dans son étude sur La Psychologie des foules.