S. Augustin. Epi.it. CCXIIi
2. G. Boissier. 'La fin du paganisme, in-12. Paris, 1898, p. 394.
3. H. A. Naville, Saint Auqustin. Elude sur le développement de sa pensée jusqu'à l'époque de son ordination, in-8°, Genève, 1872, p. 56. 11. Reuter, Augustinische S Indien. m-8°. Gotha, 1887, p. 359-478. Il'dl licites und qeistliclies Le ben (MÔnchtum). Ileltliche und Kirchliche ( geistli clie). irissenscliaft Mystik,
L AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE. G9
sent ici les principaux, la vie pour Dieu peut se manifester sous la forme de l’activité extérieure ou de la contemplation intérieure. Ces deux voies ne sont pas exclusives l’une de l’autre. Mais selon que l’une ou l’autre a la prépondérance, la conversion et la vie chrétienne revêtent des caractères fort différents. La conversion de saint Augustin appartient d’une manière très marquée à la seconde direction. La vie à laquelle il se convertit en devenant chrétien est la vie contemplative. Ce point est assez important pour que nous nous arrêtions un moment à l’établir. Augustin mentionne lui-même trois récits qui luifurentfaits au moment de ses grandes luttes intérieures et qui contribuèrent puissammentkla transformation de son cœur. Ce fut d’abord le récit de la conversion de Victorinus, puis l’histoire de saint Antoine, fondateur de l’anachorétisme, et la description de la vie austère et pure des solitaires chrétiens qui s’exilaient, à son exemple, dans le désert; enfin le récit de la résolution prise par deux courtisans de Théodose de renoncer aux joies et aux charges du monde pour terminer leur vie dans le calme d’une retraite monastique. C’est au milieu de la violente émotion que produisit dans son cœur ce dernier récit qu’Augustin se retira dans le jardin où eut lieu la crise de sa conversion. Elle se produisit donc d'une manière très caractérisée sous l’influence de l’idée monastique. Examinons d’autre part comment se manifesta cette conversion. A quoi renonça-t-il et qu’entreprit-il en se convertissant? 11 renonça à son enseignement professoral en même temps qu’aux préoccupations de la vanité et de l’ambition, au mariage en même temps qu’au dérèglement des mœurs, c’est-à-dire non seulement à certains éléments mauvais et condamna-
blés de la vie du monde, mais à la vie du monde elle-même, et il entreprit « de ne plus contempler que Dieu seul ». Converti, il se fait moine et va s’enfermer dans la retraite avec quelques amis. Sa vie, pendant le reste de cette période, porte le même caractère. Il sera moine et philosophe jusqu’au jour où l’appel populaire le forcera, à son grand regret, de quitter la vie solitaire et contemplative, pour prendre la direction d’une Eglise.
La retraite de Cassiciacum et les projets qu’on forma, les études que l’on poursuivit pendant le séjour dans cette villa n’étaient qu’un prélude à l’essai d une vie monastique régulière. Chez la plupart de ceux qui s’y étaient réunis et qui se séparèrent peu après il n’y avait guère que l’étoffe de « Messieurs de Port-Royal » — ,ce qui n’est pas peu dire. — mais la vie monastique n’est pas la vie solitaire, et on voit tout de suite que le grand Arnauld et Mabillon ne sont pas taillés dans le même drap. Pendant son séjour à Milan, saint Augustin avait vu de près la pratique de la vie monastique R il continua à l’étudier à Rome 2 pendant les quelques mois qui précédèrent son retour en Afrique et s’intéressa également aux monastères de nonnes 3. Rentré à Thagaste, il vendit quelques lopins de terre qu'il tenait d’héritage paternel, mais il garda la maison située aux portes de la ville ', s’y installa avec ses amis Alypius et Evodius et ils commencèrent à pratiquer ce qu’ils avaient vu à Milan et à Rome 5. Ce fut ainsi