‹ L'Afrique chrétienne (volume 2)Chapitre 44 sur 245 · Vita sancti August., c. II · texte numérisé non relu

Vita sancti August., c. II

L’AFRIQUE CHRÉTIENNE AU IVe SIÈCLE.

sur le modèle de celle dont il était sorti. Il y eut aussi des moines envoyés en qualité de prêtres dans ce qu’on nommerait aujourd’hui « les paroisses » Ainsi qu’il faut s’y attendre, surtout au début d’une institution et dans sa première ferveur, l’élévation à la cléricature était l’objet d’une sélection rigoureuse Il est possible que les canons des conciles qui règlent diverses situations irrégulières des moines aient été provoqués par les abus apportés par des moines étrangers à l’Afrique, il est néanmoins douteux que leur nombre ait suffi à justifier une législation et il est plus facile de croire que dès les premières années de l’institution on se hâta de recevoir des sujets inaptes à la vie monastique dont il fallut se séparer et qui soulevèrent les différentes questions dont un concile de Carthage s'occupait dès 397. On décida, entre autres choses, qu’un clerc ne pouvait être réintégré dans le clergé sans l’autorisation expresse de son évêque; en 401, on régla que les moines fugitifs ou chassés de leur monastère ne pourraient être élevés à la cléricature 1 2 3.

Le monachisme africain fit un nouveau pas dans le sens où on avait pu, dès le début, entrevoir sa di-

1. Sans prendre aucun parti dans les questions litigieuses entre moines et chanoines réguliers, nous pouvons peut-être faire remarquer que la conception et l’application de la vie monastique et cléricale par saint Augustin semble s’éloigner assez peu de l’institution des chanoines réguliers de l’ordre des Prémontrés par saint Norbert. Il faut en tout cas faire une large part dans la fondation et le réglement du monastère d’Hippone aux tâtonnements dont nous ne savons rien et qui n’ont pu manquer.

2. Epist. LX. Cum aliquando etiam bonus monachus vix bonum clericum facial si ei adsit sufficiens continentia et tamen desit instructio nccessaria aut personne reguldris integritas.

3. Epist. LX1V. Ce canon de A01 fut confirmé expressément en 53'i , cf. Labbe, Concilia , t. V, col. t)32.

l’AI’RIQUE CHRÉTIENNE. — II.

rection future. « Lorsque je fus élevé à l’épiscopat, dit saint Augustin, je compris qu’un évêque avait le devoir de se montrer accueillant à tous ceux qui vont et viennent ; un évêque qui agirait autrement passerait pour dur et avare ; d’autre part, cette pratique répugne à la vie monastique L »

Ce fut donc un monastère un peu différent de l'idéal d’abord entrevu à Cassiciacum et à Thagaste que le nouvel évêque d’Hippone réalisa dans la maison épiscopale; saint Augustin l'a décrit plus exactement que personne en l’appelant un « monastère de clercs », Volai habere in ista domo episcopi mecum monasterium clericorum 1 2. Cette obligation de la vie commune était bientôt devenue de rigueur 3. 11 est puéril de s’attacher à tirer à soi T institution clericomonacale d'Jlippone, et il importe peu qu’on découvre dans l’institution de saint Augustin telle ou telle forme de vie religieuse que l’on pratique soi-même et à laquelle on est en peine de donner un grand ancêtre. Ce sont là des discussions qu'il faut abandonner aux cerveaux qu’elles suffisent à remplir et à satisfaire.

Le monastère épiscopal d’Ilippone comptait, à l’époque où l’évêque prononça les discours intitulés de

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