Itctractalioncs, 1. II, c
précision dans quelle mesure on pratiquait l’oblation des jeunes enfants. Quelques noms pris au hasard, quelques termesvagues parvulus, infantulus ne prouvent rien et ne nous apprennent guère Quant à la vie des moines, à leurs occupations et préoccupations, elles paraissent avoir peu différé de ce qu’elles étaient à cette époque dans d’autres monastères1 2. Le peu de goût que l’esprit africain avait pour la fantaisie en tous genres semble avoir préservé les moines et les nonnes des l'êveries auxquelles se livrèrent les Égyptiens; la ruine de l’Afrique et sa quasi-disparition supprima toute chance de développement légendaire, le peu que nous savons de ses martyrs et de ses saints moines est assuré 3.
1. L’épigraphie el les textes, diplomatiques sur papyrus ont renouvelé l'interprétation des diminutifs en ulus e le. donnant des dates précises sur tel puer âgé de 38 ans et plusieurs autres encore, il est vrai que pour tenir compte des documents il faudrait les connaître el les lire.
2. Probablement ta copie des manuscrits devait déjà tenir une place dans les occupations. Au VIe siècle, Cassiodore, De instit. divin, tilter., \ III, 29, fait venir des livres des monastères d'Afrique pour la bibliothèque de son monastère de J'ivariense. Nous voyons que lorsque les menaces d’invasions forçaient les moines à fuir, iis emportaient leur bibliothèque. Cf. IIildefonsus, De tiris iUustribus, à. Pour les édifices monastiques en Afrique, cf. A. Ballu, Le monastère byzantin de Tcbessa , in-fol., Paris, 1897; S. Gsell, Met. d’arch. et d’ilist., 1899, p. 74-76.
3. Au point de vue de l'intégrité des textes l'Afrique n’eut pas à subir l’épreuve du moyen âge. Au point de vue monumental, les Arabes se montrèrent généralement destructeurs. Siuw, l oyatjc, préf., p.xix ; « Quand les Arabes conduisant leurs troupeaux trouvent quelque chose qui a du rapport au christianisme, ils se font un vrai plaisir et même un devoir religieux d’y faire tout le dégât qu'il leur est possible. » F. Passanti, Narrative of a Résidence in ADjicrs, in-4°, London, 1818, p. 83 : « Ces ruines sont plutôt l’effet d’une violence barbare et d’une rage brutale que l’œuvre lente et solennelle des siècles. »