‹ L'Afrique chrétienneChapitre 137 sur 280 · S. Cyprien Evist · texte numérisé non relu

S. Cyprien Evist

aussi retentissant n'ait été marqué clairement, ni insinué d'une manière historique, nulle part que dans la diatribe de Firmilien, alors que la correspondance et la biographie de saint Cyprien ne contiennent rien à ce sujet. Quoiqu'il en soit, le malaise dura peu, le pape mourut le 2 août 257 et son successeur Sixte, «bon et pacifique », vécut en bons termes avec Cyprien ^ Somme toute, F Afrique avait gain de cause, son usage fut maintenu et ce fut d'elle-même qu'elle y renonça au concile d'Arles, en 314. L'incident avait été vif, il dura peu et n'eut pas les suites qu'un instant on avait pu redouter. Cyprien avait choisi un terrain qui, malheureusement pour lui, ne valait rien, et toute sa vaillance avec toute son hal)ilité ne purent rendre bon ce qui ne l'était pas. L'usage romain devait finalement triompher, comme c'était justice, mais ce qui ne laisse pas d'être piquant, c'est que la plus solide justification de cet usage devait être donnée par un Africain, au v^ siècle, l'évêque d'Hippone, dans une formule inoubliable : Et [baptisma] qnod dahatur a Paulo, et qiiod dabatar a Petro^ Chiistiest; et si datum est a Juda, Christi erat ^.

Dans la solennelle séance du l*^"" septembre 256, Cyprien semblait avoir donné la mesure de son inlluence ; il avait incarné l'épiscopat africain dans sa personne. Le procès-verbal de cette journée nous est demeuré. Il est intitulé : « Votes des évêques, au nombre de quatre-vingt-sept, sur la nécessité de rebaptiser les hérétiques ^ » . Après un préambule don-

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