S. Cyprien, De opère et eleemosyna
2t6 L'AFRIQUE CHRÉTIEXNE.
autour de lui, jusqu'à ce que ledit de persécution fût promulgué (257).
Pour la première fois, le christianisme était traité en association illicite. Bien que le texte de Tédit ne nous soit pas parvenu, on peut aisément reconstituer les dispositions qu'il contenait ^ . Il ordonne de traduire devant les tribunaux les principaux membres du clergé. « Les empereurs ont daigné m'écrire au sujet non seulement des évêques, mais aussi des prêtres », dit à saint Cyprien le proconsul d'Afrique. Les uns et les autres sont mis en demeure de sacrifier aux dieux ; s'ils refusent, ils doivent être exilés. Quant à ceux qui persistent à faire revivre l'association dissoute, ils tombent sous le coup des lois rendues contre les fauteurs de collèges illicites^. « Les empereurs, dit encore le proconsul d'Afrique, ont défendu de tenir des réunions et d'entrer dans les cimetières. Celui qui n'observera pas ce principe salutaire encourra la peine capitale. » Celle-ci a deux degrés, la mort ou la condamnation aux travaux forcés^. Cette dernière était une des peines les plus terribles ; les anciens la tenaient pour à peine moins cruelle que la Tnovi] proxima morti^ dit à son sujet Callistrate, et Ulpien fait observer que les gouverneurs des provinces ont le droit de porter cette condamnation '' . La correspondance de saint Cyprien nous a conservé les plus précieux détails sur un groupe de confesseurs africains, évêques, prêtres et diacres, condamnés aux mines en exécution de l'édit de 257. De Curube, où l'évêque de Carthage était relégué, il avait établi des
1. EusÈBE, Ilist.eccL, VII, 11; Acta proconsularia S. Cypriani.