‹ L'Afrique chrétienneChapitre 178 sur 280 · Boldetti, op. cit., p · texte numérisé non relu

Boldetti, op. cit., p

2. E. Le Blant, La question du vase de sang, in-S», Paris, 1858, p. 34 sq.

3. Pour l'épitaphe de Mauritius, cf. H. Chardon, dans le Bull, du Comité, 1900, p. lUh, pi. V. 11 n'est pas possible d'attribuer à ce personnage la qualité de martyr, son épitaphe dit formellement : requiebil in pace. Les épitaphes de ses deux fllles sont fort différentes ; celle de Patricia mentionne simplement l'indication patronymique, cf. H. Chardon, op. cit., p. 146; celle de Constantina nous apprend qu'elle est fille de

tombe de ce magister militiun, on trouva une fiole de verre à côté du corps ' .

Aucun de ces faits n'est aussi décisif que l'inscription de Rouffach dont la lecture n'offre de difficultés qu'à la dernière ligne qu'on peut lire : hic Innocens est ipse in pace. Nous avons donc ici un exemple incontestable de l'usage dont arguait Edm. Le Blant. Innocens aura été enseveli en un lieu où était déposé le sang de plusieurs martyrs suppliciés à Milève en 304 ou en 305 ^. L'inscription a été

celui qui edificia circumtapsa diu in liane sca basilicarestauravit, Chardon, op. cit., p. 146. Si le restaurateur de l'église était mort martyr, on n'eût sans doute pas omis de le dire.

1. S. GsELL, Monum. antiq. de l'Algérie, t. II, p. 227. Peut-être une autre découverte appartient-elle au même ordre de faits. A Aïu-Zarira, région d'Aïn-Beïda, dans l'église où fut trouvée la célèbre Capsella argenlea et qui ne peut guère être antérieure au v® siècle, on a découvert « entre quatre briques plates une coupe en verre et sept petits

verres de même matière, mais la chute d'une pierre a malheureusement tout anéanti ». De Rossi, La Capsella, p. 10. Cf. C. I. L., n. 8632 et p. 972. Berbrugger parle de « vases dans lesquels il y avait du sang ». Dans la Capsella d'Aïn-Zarira on a cru voir des traces de sang, mais c'est très douteux. De Rossi, La Capsella, p. 29. M. Berthelot, Analyse d'un vin antique conservé dans un vase de verre scellé par fusion et Nouvelle note sur un liquide renfermé dans un vase de verre très ancien, dans la Revue archéoL, 1877, t. I, p. 397 sq., dit que même pour les chimistes, il est impossible de reconnaître la nature exacte de dépôts contenus dans les vases antiques non bouchés. Une formule lue sur une tombe en mosaïque de Thabraca indique peut-être la préoccupation de suppléer au manque d'ampoule de sang :

PORTESI -? SUN PAC EINOCESINOMINEM ART VR

Porl{u)e{n)si{s)''i in pace. In{n)oce{n)s. In {n)omine martur{um) ; E. Le Blant ap. R. de la Blanchère, Mosaïque de Thabraca, p. 18.

2. On lit dans S. Optât, De schismate Donatistarum, 1. III, c. viii; P. L., t. XI, col. 1018, une attestation concernant le magistrat dont parle l'inscription. Cf. encore, 1. 1, c. xiii, P. L.,l. XI, col. 908. Enfin nous retrouvons ce Florus et la thurificatio lors des débats du concile de Cirta, en 305; cf. S. Augustin, Contra Cresconiuni, III, 27; P. L., t. XLH, co 1. 511.

relevée à une soixantaine de mètres d'un petit édicule décoré de colonnes jadis enclos dans un cimetière. Ce fait, si probant qu'il soit, n'est pas unique. « Je citerai à cette occasion, écrit M. S. Gsell, une découverte faite, il y a quelques années, à Fériana, dans une basilique située au sud-ouest de la ville antique de Thélepte au milieu d'un cimetière chrétien. MM. Lavoignat et de Poudrayguin ont trouvé dans le chœur, à 2 mètres en avant de l'abside, le soubassement d'un autel avec une inscription sur mosaïque concernant un saint Januarius et ses compagnons ^ ; puis, par-dessous, une fosse creusée dans le roc. Ce tombeau « renfermait des ossements d'adultes et d'enfants placés par faisceaux, perpendiculaires à l'axe du cercueil. Un vase allongé, en verre, se trouvait au centre et contre la paroi orientale ^ ». Il est permis de supposer que ce vase, dressé à la place d'honneur du sépulcre, avait servi à recueillir le sang d'un chrétien mis à mort (peutêtre de ce Januarius). Il y aurait donc eu dans ce tombeau : 1^ des corps de plusieurs [personnages] ; 2° le sang d'un martyr ^. »

Le culte des martyrs avait pris, en Afrique, un développement si considérable qu'il entraîna à de graves abus ; ce fut principalement le culte de saint

1. C. I. L., n. 11270; De Rossi, La Capsella, p. 17-18, n. 8.

2. Lavoignat et de Poudrayguin, dans le Buil. du Comité, 1888, p. 178-180.

3. S. Gsell, dans le même recueil, 1899, p. Ub2. Nous trouvons ailleurs encore l'usage de transporter au loin et comme sauvegarde le sang d'un martyr. Une homélie sur saint Polyeucte, conservée dans deux mss. de la Bibliothèque nationale, fonds grec, n. 513, 1^49, nous apprend qu'après la mort de ce martyr, « Néarque recueillit son sang précieux et sacré, et, l'ayant enfermé dans un linge brillant, le transporta dans la ville de Cananéotes ». P. Allard, Hist. des perséc, in-8'', Paris, 1886, t. II, p. 509.

276 L'AFRIQUE CHRETIEINNE.

Cyprien qui provoqua la dévotion la plus vive et les excès les plus regrettables. Ce culte fut, jusqu'aux invasions arabes, une sorte de patronage invoqué par toute FÉglise d'Afrique et dont le centre se trouvait à Carthage ' . La fête du martyr y était l'occasion de solennités brillantes ^, aussi bien chez les catholiques que chez les hérétiques ^. Divers lieux de pèlerinage en son honneur avaient été établis; d'abord, sur l'emplacement de son martyre ^', puis à son maj'tyrium ^, enfin dans plusieurs basiliques dédiées à sa mémoire ^. Les Actes du martyre de saint Cyprien ^ nous apprennent que son corps ne fut pas inhumé sur le lieu de l'exécution : Inde per

noctem sublatum cum cereis et scolacibus ^

cum çoto et triumpho magno deductum est ®.

1. Procope, De bello vandalico, 1. I, c. 21, KuTupiavôv, àyiov àvôpa, liàXi^Ta TtàvTtov ol KapxïlSdvtoi (yéêovTat.

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