LXXV. A(m?o) P(romncù^e)CCLXSTATVLENIA IVUAFECIT
Memoriae Aeliae Secundulae Funeri midta qiddemcondîgnaiam misimus omnes Insuper araeque depositœ Secundulae matris Lapideam j)lacuitnobis a{d)ponere mensam In qua magna eias memorantes plurima fada
1. S. AUGUSTix, Contr. Faustum, 1. XX, c. \xi. S\L\iE?i, De Gubernat. 2>cî, VIII, 2, dit que la plupart des chrétiens professaient ostensiblement un culte pour Dea Caelestis.
2. S. GSELL, dans Mél. d'arch. et d'hist., 1895, t. XV, p. U9, n, 7 , ligne 6 : le mot copertae est notre mot français « couverts » ; ligne 10; lire : nutrix; ligne 11, le texte porte : sobriac.
Dum cibi ponuntur calicesqv.e et coperlae
Vulnus ut sanetur nos rodens pectore saevum
Libenter fabulas dum sera reddimus hora
Castae matri bonae laudesque vetula dormit.
Ipsa 0 nutri[x) iaces et sohria sem'per vixit annis, etc.
Plusieurs textes nous aident à comprendre ce qu'était la mensa^ et en particulier la mensa Cypriant ^ qui se trouvait à VAger Sexti^ au lieu même où saint Cyprien avait été mis à mort. Dans un sermon prêché pourTanniversairedu célèbre martyr, saint Augustin s'exprime ainsi : « Vivant, il a gouverné l'Église de Carthage ; par sa mort, il l'a honorée. C'est là qu'il a exercé son épiscopat, c'est là qu'il a consommé son martyre. En ce lieu même où il a déposé les dépouilles de sa chair, une cruelle multitude s'assemblait alors pour verser le sang de Cyprien par haine du Christ ; en ce lieu, aujourd'hui, s'assemble une multitude recueillie, qui à cause de l'anniversaire de Cyprien, boit le sang du Christ. Enfin, comme vous le savez, vous tous qui connaissez Carthage, dans ce lieu même a été construite une mensa consacrée à Dieu ; et pourtant on l'appelle la mensa Cypriani. Non pas que Cyprien ait jamais banqueté en cet endroit, mais parce qu'il y a été immolé. Par son sacrifice même, il a préparé cette mensa., non pour y nourrir personne ou s'y nourrir ; mais afin qu'on y offrît le sacrifice à Dieu, à ce Dieu à qui lui-même s'est offert. Mais cette mensa qui est consacrée à Dieu, est appelée aussi la mensa Cypriani; en voici la raison : De même qu'elle est entourée maintenant par les fidèles, dé
1. s. Augustin, Sermones XIII, CCCV, CCCX, 2; P. L., t. XXXVIII, col. 107, 1397, 1^13 ; Enarr. in Psalm. LXXX, U, 23, P. L., t. XXXVII, col. 1035, 10^16.
même alors, Cyprien y était entouré par les persécuteurs. Là où maintenant cette mensa est honorée par des prières amies, là Cyprien était foulé aux pieds par des ennemis en fureur. Enfin là où cette mensa se dresse, là succomba Cyprien*. »
Les inensae sont ordinairement des dalles de pierre assez épaisses dans lesquelles on a ménagé une ou deux cavités. La dalle était posée sur les reliques des martyrs et les cavités étaient destinées à recevoir les écuelles qu'on emplissait en Thonneur des saints dont on distribuait le contenu aux pauvres. A Duperré (= Oppidum noi^um), on a trouvé une tyiensa ainsi libellée ^ :
1. Sermo CCCX, 2. Cf. P. Monceaux, Le tombeau et les basiliques de saint Cyprien à Cartilage, dans la Revue arcliéoL, 1901, t. XXXIX, p, 190. S. Augustin prêcha au moins trois fois, à des jours différents de l'anniversaire ou Cypriana, à la mensa Cypriani. Carthage possédait en outre le tombeau proprement dit du martyr. Cf. S. Augustin, 5ermo CCCXI, 5; CCCXII, 6; CCCXIII, 5. D'après certaines coïncidences, on pourrait songer à identifier le tombeau et la mensa en un seul monument. A cela on objecte deux textes dont le témoignage donnerait lieu de penser que le corps était resté aux Mappales et que la mensa ne recouvrait que des reliques. Un de ces textes, celui de Victor de Vite, distingue, à la fin duv^ siècle, la basilique élevée surie lieu même où Cyprien a versé son sang d'une autre basilique où a été enseveli son corps, au lieu appelé les Mappales (Hist. pers. vandat., 1. I, c. v). C'est bien le lieu en effet où, au témoignage des Actes, le corps fut transporté pendant la nuit qui suivit l'exécution, mais Victor de Vite ne dit pas que le tombeau se trouvât en ce lieu à l'époque où il écrivait et saint Augustin ne nous apprend pas non plus si, de son temps, le corps était encore aux Mappales, mais seulement que la mensa se trouvait au lieu du martyre. L'autre texte, un passage du De miraculis sancti Stephani, écrit en 'i20 par un clerc d'Uzalis, rapporte qu'une matrone guérie miraculeusement se rendit aux Mappales, le jour de Pâques, pour s'acquitter d'un vœu fait à saint Cyprien. P. L., t. XLI, col. 8^8, « Ce texte, dit P. Monceaux, loc. cit., semble bien prouver qu'au commencement du v*' siècle, le corps de saint Cyprien était encore aux Mappales. » Je serai moins affirmatif, car on se rappelle que, suivant saint Grégoire I®"", les saints opèrent parfois des miracles en des lieux où leurs corps ne reposent pas. Dialog., 1. H, c. 38, P. L., LXVI, col. 202.