‹ L'Afrique chrétienneChapitre 219 sur 280 · ET- INNOCENS · texte numérisé non relu

ET- INNOCENS

PARTIS TRIGARM

Hic lacent Untancus et Innocens, partis (= sectae) Trigari.

1. C. /. £., n. 8650. Pars, eu Afrique, revient à dire : Secla. Rossi dit <iue le nom de ce personnage était inconnu.

Non moins formelle estrépitaphe d'une « martyre » donatiste, sœur d'un évêque de ce parti. Le tombeau de Robba était placé dans la crypte de Bénian {=: Ala Miliaria). Cette crypte se compose d'un vestibule de forme rectangulaire qui donnait accès dans une salle ménagée sous l'abside de la basilique et adoptant elle-même la forme absidale. Au milieu de la courbe que décrit la muraille se trouve une niche quadrangulaire, placée à l'",20 au-dessus du sol, qui présente une fenêtre haute de 0'",60, large de 0'°, 50, bordée d'un cadre en pierre encore intact, où se voient les trous qui servaient à assujettir une grille fixe en métal. Cette fenêtre s'ouvre sur un caveau occupant le milieu de tombeaux ou chambres de forme rectangulaire (2°^, 10 de long et largeur variable) ayant reçu les corps de divers gens d'église, évêques, prêtres, religieuses, morts entre 422 et 446. Le tombeau du milieu avait servi à Robba, sœur d'Honoratus, évêque à-'AquaB Sirenses, tuée en 434 parles catholiques, que l'inscription qualifie du nom qu'on leur donnait dans la vivacité de la polémique : « les traditeurs^ y>.

\. G. BoissiER, dans les Comptes-rendus de l'Acad. des inscr., séance du 12 mai 1899; S. Reinach, dans la Revue archéol., 3« série, 1899, t. XXXV, p. 162; S. GSELL, dans les Mél. d'arcli. et d'Iiist., 1900, t. XX, p. lai; 1901, t. XXI, p. 236, note 2; Fabre, dans le Bull. d'Oran, 1900, p. 399-408. Une autre inscription de Bénian commémore un évoque donatiste de la même Église, elle renferme une formule à noter : us

ep{iscopu)s lanno [ec]ctesia Ala[miliarensi], lem [requie]vit in flde

evange[liî Cf. G. Boissier, loc. cit.; A. Héron de Villefosse, Observations sur une inscription donatiste de Bénian, publiée au Bulletin d'Oran, 1896, p. 374, dans le Bull, de la Soc. des antiq. de France, 1900, p. 114; R. GAGNAT, dans la Revue archéoL, 1901, t. XXXIX, p. 139, n.55; s. GSELL, dans les Mél. d'arcli. et d'Iiist., 1900, p. 141; 1901, p. 237; Jahrbuch des Kaisersl. deulschcn Arcluiolorj. Institut., 1900, p. 79.

IVEM-ROBBE SACRE DEI GERMNA HONOR^«QVESIREN-EPSI CEB TRADI^«V^X7ÇA ^ERVIT DIGNI TATE MRMRI-VIXIT AINIS L-ET RED 5 DIT-ID SPM-DlE-<:ihKA-/?RILES-PR°CCCXCV

Mem{oria) Robb{a)e, sacr{a)e Dei [ancillae], germana{e) Honor[ati A]qu{a)e Siren{sis) ep[i)s[cop)i c{a)ede tradi[torum] ç[e].vata meruit dignitate{m) martiri{i), vixit annis L et reddidit sp{iritu)m die VIII, kal [endas) Apriles, \a.nno] pro{vinciae) CCCXCV.

On rencontre fréquemment sur des objets fort divers une acclamation qui fut le cri de ralliement des donatistes, nous pourrions dire leur cri de guerre, car le parti se montra toujours fort belliqueux. C'est ce que disait saint Augustin : « Que de crimes le Deo laudes de vos partissan a procurés. Vous êtes tellement fanatiques que votre cri Deo laudes jette la terreur plus que ne le ferait un cri de guerre ^ . » Les catholiques avaient adopté pour se reconnaître un mot de passe analogue : « Vous riez de notre Deo grattas, dit encore saint Augustin, et les hommes pleurent de votre Deo laudes ^. » Nous mentionnons plus loin l'anneau d'un donatiste portant la devise de la secte ^; nous pouvons y ajouter divers marbres. Sur un cippe grossier, voisin de Tébessa, on lit '' :

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