MoRCELLi, Africa cliristiana, 1. 1, p
2. S. GsELL, Beclierchcs, p. 209; LE MÊME, dans les Mél. d'arcfi. et d'Iiist., 189^1, p. 507.
LE DONATISME. 367
Optât fait de l'Afrique chrétienne, après le concile de 349, la description suivante : « Le diable, pour qui l'union des fidèles est un tourment, s'afïligeait de voir l'Afrique, l'Orient et les autres pays de l'autre côté des mers unis dans une même paix, et le corps entier de l'Église reconstitué. Alors, sous un empereur chrétien, abandonné et comme emprisonné dans ses simulacres, il ne sortait plus de ses temples. En ce même temps, les chefs et les conducteurs des donatistes se continrent. Plus de schismes dans l'Église, plus de sacrilège chez les païens; mais la paix douce à Dieu dans toutes les nations chrétiennes; le diable s'afïligeait dans ses temples et les donatistes dans leur exiP. » Cet âge d'or ne dura guère; l'avènement de l'empereur Julien remit tout en question (361). On sait que l'une des premières mesures prises par le nouvel Auguste, quoique infiniment libérale en apparence, était en réalité une mesure de persécution ^. Le rappel de tous les exilés pour motif religieux devait entraîner la présence, dans la plupart des villes, de deux chefs de partis irréconciliables. Privés de leur évêque, les opprimés, les vaincus, demeuraient dans une tranquillité relative et la paix était maintenue au prix de rigueurs regrettables, mais nécessaires, car il arrive un moment où ce qu'on appelle « les droits de l'homme » doit céder à la considération du danger inhérent à l'exercice de ces droits. Et ce que nous disons, nous ne pensons pas à l'appliquer aux seuls dissidents du catholicisme. Au degré de haine où quarante années de polémiques furieuses, soutenues par la violence et les abus