De Rossi, op. cit., p. vi-vii
2. Le fait de cette dédicace est certain, grâce aux mots : dedicante Laurentio viro venerabili sacerdote.
3. R. Gagnât, Chronique d'épigrapliie africaine, dans le Bull, du Comité, 1895, p. 319 sq.
4. Ibid. Cf. E. MiCHON, Nouvelles ampoules à culogies, dans les
L'emploi de l'ère de Maurétanie nous conduit à une autre observation. Une inscription de Ternaten, localité ayant fait partie de Tancienne Maurétanie Césarienne, est ainsi libellée ^ :
M E M O R I A M ARCELLI RECE8 8IT AIE MART18 LV NA XXI'IDVS AVG V2TAB AP CCCCXLI
Ligne 6 : CCCCXCI, lecture douteuse. Memoria Marcelli. Recessit die Martis luna XXI, idus Augustas, a{nno) p{rovinciae) CCCCXLI.
Cette inscription eut l'heureuse fortune d'attirer l'attention de Ms"^" Duchesne ^ qui remarqua qu'en l'année 441 de l'ère maurétanienne (480 apr. J.-C), le jour du mois lunaire indiqué ici est non un mardi, mais un mercredi, tandis qu'en l'année 491 (530 apr. J.-C), ce même jour tombe bien un mardi 13 août. Cette observation demanderait l'adoption à la sixième ligne de la lecture CCCCXCI, au lieu de CCCCXLL « Mais en 530, la lune, au 13 août, n'avait encore que quatre ou cinq jours, suivant les cycles ; en tout cas, son âge réel comportait une différence de plus d'un demi-mois avec celui qui est indiqué sur la pierre. De là, raison de douter. Si nous revenons à l'année 480, nous constatons que cette annéelà le 13 août était une lune xxi^, xxn^ ou xxiii^, suivant
Mêm. de la Soc. des Antiq. de France, 1897, p. 299 ; Ch. Clermont- Gaweau, Le culte de saint Mennas en Maurétanie, dans Recueil d'arcliéol. orientale, t. II, p. 180-181. Cf. CI. L., n. 13^23; A. Toulotte, Le culte des saints Sébastien, Laurent, Hippolyte, etc., aux v^ et vP siècles dans les provinces africaines, dans Nuovo bull. di arch., 1902, p. 206, 208.
1. L. Demaeght, dans le Bull, trimestr. de géogr. et d'arcliéol., Oran, 1891, t. XI, p. M2.
2. L. Duchesne, IS^ote sur une inscription maw^étanienne de l'année 480, dans le Bull, du Comité, 1892, p. 31^-1-316.
les cycles.. Il y a donc très sensiblement concordance. Comme nous avons à choisir ici entre deux erreurs, il faut prendre la moindre. Que Ton se trompe d'un jour dans la semaine, que Ton prenne un mercredi pour un mardi, c'est ce qui arrive souvent, et à tout le monde. Mais que l'on se trompe de quinze jours dans l'âge de la lune, que Ton marque la pleine pour la nouvelle, ou le dernier quartier à la place du premier, c'est complètement impossible. Il faut donc s'en tenir à l'année 480 (provinciae CCCCXLI) ^ ». Les chrétiens du v^ siècle n'avaient pas de moyen plus ordinaire d'être fixés sur l'âge de la lune que les petits traités qui circulaient alors sous le nom de libri paschales, et dont plusieurs nous sont parvenus -. Parmi ceux-ci deux ont été rédigés en Afrique, le plus récent des deux à Carthage en 455; cependant ni l'un ni l'autre ne satisfait aux données de l'inscription. Les deux autres computs, basés comme les africains sur le cycle de 84 ans, sont romains; « l'un d'eux fut en usage au iv° siècle et au commencement du V^ ; il donne au 13 août la lune xxiir, comme le deuxième de Carthage ; l'autre, dressé à Rome en 447. correspond exactement à notre inscription ; il a, au 13 avril, la Pâque avec la lune xvii, ce qui donne, pour le 13 août, lima XXI ^. La même solution se présente dans le Paschale de Victorinus d'Aquitaine, établi à Rome en 457 * ».
Ainsi notre inscription nous révèle que, pendant une période de temps qui ne s'étend pas au delà de l'année 455, le pape saint Léon I*^"" ayant pris, comme nous le savons par d'autres documents, la direction des Eglises de Maurétanie^ y introduisit le comput romain de 447. Une fois cet usage pascal établi dans les provinces alors détachées de la primatie de Carthage et demeurées romaines, il s'y maintint au moins jusqu'à l'année 480. Les inscriptions supputées d'après l'ère de Maurétanie