‹ L'Afrique chrétienneChapitre 268 sur 280 · ROMA AMOR · texte numérisé non relu

ROMA AMOR

L'usage des anneaux, quoique très répandu chez les anciens, n'était cependant pas adopté par tous. On sait qu'il « imprimait le caractère d'authenticité aux actes les

1. p. MoxcEAUX, Enquête sur l'épigrapliie chrétienne d'/lfrique, dans la Revue archéologique, 1903, t. I, p. 66.

2. Vars, dans le Rec. de la soc. arch. de Const., 1898, t. XXXIII, p. 352; De Rossi, Bull, di arch. crist., 1875, p. 17^ ; 1880, p. 76.

3. S. GSELL, Inscript, inéd. de l'Algérie, dans le Bull, du Comité, 1896, p. 21'i, n. llii.

U. De Cardaillac, dans le Bull, de la soc. archéol. d'Oran, 1890, p. 161.

plus graves de la vie : aux fiançailles, aux tables de mariage, aux testaments. On l'imprimait, en outre, sur les choses précieuses dont on faisait envoi, ou que Ton voulait cacher aux yeux des personnes étrangères à la famille. On en marquait aussi les vivres, les boissons et les clefs elles-mêmes ^ ». Saint Augustin ne se soumettait pas sur ce point à l'usage, car, nous apprend l'évéque Possidius, son biographe, il déléguait le soin de la maison de Dieu et de tout ce qu'elle renfermait à ses clercs. Jamais on ne lui vit l'anneau ou la clef dans la main, tout ce qu'on demandait et tout ce qu'on donnait passait par l'intermédiaire des clercs préposés à sa maison -.

Un anneau d'or portait la devise : Vivas in Deo et la figure d'une lyre avec deux serpents 3. Sur une sardoine on a lu : to npocKY |1 nhma ewt |1 hpoy tos '\

Intaille. — Une intaille d'origine gnostique trouvée à El-Djem, en Tunisie, a dû servir d'amulette; elle porte, suivant une mode très répandue parmi les sectes de la gnose, les voyelles de l'alphabet grec disposées par rangs horizontaux en retardant chaque ligne horizontale d'une lettre sur la ligne précédente ^.

Amphores. — Nous parlons ailleurs de la sépulture dans les jarres. Malgré l'usage que l'on dut faire en Afrique, comme dans tout le monde romain, de ces vases déterre dont les débris offrent aujourd'hui tant d'intérêt, nous ne trouvons en Afrique que de rares vestiges de ces objets fragiles. A Taparura, dans la Tripolitaine, on a trouvé deux bouchons d'amphore portant le chrismon; l'un d'eux offre en légende un nom propre ^. A Carthage, sur

1. M. Deloche, Le port des anneaux dans l'antiquité romaine, dans les Mém. de l'Acad. des inscr., t. XXXV, p. 2^3 sq.

Page 1