‹ L'Afrique chrétienneChapitre 275 sur 280 · TOLLOTTE, ibid., p. CXC.I · texte numérisé non relu

TOLLOTTE, ibid., p. CXC.I

perdues à jamais ^ Les inscriptions nous permettent d'entrevoir dans une certaine mesure le mal que firent à la société les conditions tragiques dans lesquelles se développa et dura l'Église d'Afrique -.On a reconnu qu'il y a avantage à tenter de dresser une table de la mortalité à l'aide des seules inscriptions chrétiennes « parce qu'elles sont relatives à une population mêlée de riches et de pauvres, tandis que les inscriptions païennes ne se rapportent pour la plupart qu'à des familles riches et par conséquent à des personnes que les statisticiens nomment des têtes choisies 3 ». Il faut cependant observer que l'apparition du sigle plvs minvs chez les fidèles indique peu de préoccupation pour donner l'âge exact ^ ; ils

1. Que l'on considère ce qui s'est passé en France de 1789 à 1815. On consomma en un quart de siècle un peu plus de deux générations ; de là Vliiatus entre l'ancien régime et la restauration et l'impossibilité oti l'on se trouva de le combler.

2. Levasseur, dans les Comptes rendus de l'Acad. des inscript., 1891, p. 98-100, recherches ingénieuses accompagnées de tables de survie. Nous avions entrepris cette recherche lorsque nous avons eu connaissance de la dissertation de Foy, De quelques inscriptions tumulaires re cueillies en Algérie et des lumières qu^elles peuvent fournir sur la durée de la vie moyenne des liomains dans ce pays, dans l'Annuaire de la soc. d'arch. de Constantine, t. I, 1853, p. 137-1^3. R. Gagnât, Note sur VEpigraphie latine, dans le Bull, du Comité, 1891, p. 587, rendant compte d'un ouvrage de H. Seidel qui « ne contient rien de nouveau », ouvrage paru dans le Rapport annuel du Gymnase catholique royal de Sagan pour l'année 1890-1891 et contenant en « un vaste tableau comparatif le chiffre précis des personnes qui, dans chaque région de l'Afrique, ont succombé à un an, deux ans, trois ans et ainsi de suite jusqu'à cenf cinquantecinq ans ». Les conclusions de ce travail sont en partie celles de Foy : la première est qu'on vivait fort longtemps en Afrique; la deuxième est que parfois on donne au défunt dans son épitaphe un âge approximatif, systématiquement représenté par un multiple de 5. Cf. S. GSELL, Recherches arch. en Algérie, p. 298 pour Khamissa, et p. 359 pour Madaure. Devant une question si minutieusement étudiée nous n'avons pas jugé nécessaire de reprendre et de donner ici nos statistiques.

3. Nous avons fait observer ailleurs que ce sigle avait eu aussi la portée d'une réaction contre les superstitions païennes touchant l'état des constellations célestes au moment de la naissance. On recontre une fois : vixit nihil minus. R. Gagnât, dans le Bull, du Comité, 1896, p. 260, n. 1^8, et une fois aussi : vixit in Deo annis prope... S. Gsell, dans les Mél. d'arch. et d'hisU, 1895, t. XV, p. 51, n. 10.

h. Dans le nombre des inscriptions dont nous faisons usage nous écartons toutes les lectures douteuses et les nombres incomplets par suite d'une cassure de la pierre. Notons l'âge des membres delà hiérarchie d'à-

ont en outre souvent omis la mention de l'âge, parfois même l'appel : vixit annis est resté béant. Voici les résultats que nous fournit la lecture de toutes les inscriptions chrétiennes d'Afrique ^ :

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